Nappes phréatiques : la carte passe du bleu au jaune en trois mois
Nappes phréatiques : du bleu au jaune en trois mois

La carte de France des nappes phréatiques, qui affichait un bleu uniforme (niveau haut) en février, a radicalement changé en l'espace de trois mois. Désormais, elle est majoritairement jaune (niveau moyen), voire orange (modérément bas). La cause ? Un manque de pluie au début du printemps. « La vidange des nappes est en cours », explique l'hydrogéologue David Ratheau, du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), lors d'un point de situation arrêté au 1er mai. Il précise que ce bilan « ne prend donc pas en compte les précipitations de début mai ».

Une dégradation rapide

Cette dégradation s'explique par les très faibles précipitations du début du printemps, des chaleurs exceptionnelles et une végétation printanière dense qui absorbe l'eau du sol. À l'échelle nationale, 79 % des niveaux des nappes sont en baisse, 11 % stables et 10 % en hausse. Cependant, le spécialiste tempère : « La recharge a été très forte cet hiver. Les niveaux sont encore excédentaires dans 66 % des nappes. »

Situation dans le bassin Adour-Garonne

Dans le bassin Adour-Garonne, la période de recharge 2025-2026 a débuté en novembre, avec des précipitations exceptionnelles fin janvier et durant la majeure partie de février. Mais le déficit pluviométrique depuis lors (65 % de la normale en mars, 42 % en avril) a mis fin à cette période. En avril, le manque de pluie est généralisé, particulièrement marqué sur le nord du bassin, entre les bassins-versants de la Charente et de la Dordogne.

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L'état des nappes y est disparate en raison de leur hétérogénéité. « Les nappes alluviales de la Garonne, de l'Adour et du gave de Pau sont correctement chargées, globalement autour de la moyenne », indique Pierre Le Cointe, ingénieur géologue au BRGM. Les niveaux sont plus élevés dans le secteur de la Garonne amont, « dans les nappes inertielles où les effets des mois pluvieux de l'hiver se font encore sentir ». En revanche, dans les nappes réactives du nord des Charentes (axe Angoulême, Saint-Jean-d'Angély, Rochefort), les niveaux passent sous la moyenne.

Perspectives

Si les épisodes de pluie se multiplient en mai, comme c'est le cas actuellement, la situation des nappes pourrait se stabiliser. Le BRGM continue de surveiller l'évolution et rappelle que la situation, bien que dégradée, n'est pas alarmante grâce à la bonne recharge hivernale.

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