Réélu très confortablement en mars avec 70 % des suffrages exprimés, le maire Les Républicains de Lons, Nicolas Patriarche, revient sur les dernières semaines politiques. Il analyse notamment les conséquences des élections municipales sur l’agglomération paloise, le Béarn, le Pays basque et les Pyrénées-Atlantiques. Vice-président de l’agglomération paloise et conseiller départemental, il entame son troisième mandat, marqué par des projets de terrains synthétiques pour les clubs sportifs, d’extension du centre de loisirs et de construction de logements.
Un score inattendu
Interrogé sur sa réélection avec 70 % des voix, le maire confie : « J’espérais un score supérieur à celui de 2020 (62 %), mais je ne m’attendais pas à ce niveau-là. Je le reçois comme une grande marque de reconnaissance des Lonsoises et des Lonsois pour le travail accompli. » Il souligne que la victoire est plus large que la précédente, avec une participation accrue malgré le contexte du Covid. « Quand on réalise un score de 70 %, il y a forcément un dépassement des clivages traditionnels. Tout le monde connaît mes orientations politiques, mais je ne crois pas mener une action municipale de telle ou telle couleur. Je crois que les Lonsois l’ont bien compris. »
Changements à l’agglomération
La défaite de François Bayrou à Pau a surpris l’élu : « Tous ceux qui suivent l’actualité politique savaient que cette élection serait plus compliquée. Le passage à Matignon ne laisse pas indemne. Nous étions plusieurs à penser que François Bayrou serait réélu. Ce n’est pas le cas, donc ça rebat les cartes au niveau de l’intercommunalité. » Concernant la cohabitation avec Jérôme Marbot et la majorité de gauche, Patriarche insiste sur la coopération : « L’Agglo est un établissement public de coopération intercommunale. Le mot important est coopération. Certains territoires se sont essayés à politiser leur intercommunalité, mais ça n’a pas très bien fonctionné. »
Transports et gratuité
Président du syndicat des transports Pau-Béarn mobilités, il estime ne pas pouvoir conserver ce poste au vu du projet de gratuité des bus porté par la nouvelle majorité. « Le danger de la gratuité, c’est à terme de devoir choisir et concentrer les moyens sur les lignes fortes, quitte à retirer du service sur celles qui fonctionnent moins bien. Je me suis toujours opposé à la gratuité parce que ça n’existe pas. Il y a bien quelqu’un qui paye au bout. » Il précise que le système repose sur la taxe Transport des entreprises de plus de 11 salariés, générant 35 à 37 millions d’euros. L’utilisateur ne représente que 17 % du budget, soit 4 à 5 millions d’euros annuels que la puissance publique devra réinjecter. « Aujourd’hui, à Lons, les usagers les plus fragiles paient 35 euros par an pour une carte de bus, le reste étant couvert par le CCAS. Et 35 euros, c’est quoi ? Deux mois d’abonnement pour un téléphone portable ? Je ne considère pas que c’est absolument insurmontable. »
Aéroport et développement économique
Quant à la présidence du syndicat mixte de l’aéroport (SMAPP), Patriarche envisage de se représenter le 29 mai. « Nous avons lancé une démarche d’Obligation de service public en commun avec Tarbes. Pour garder une desserte conséquente, il faudra injecter d’importantes sommes d’argent public. Dans le syndicat, tout le monde considère que c’est un outil d’attractivité. » Il espère que le président de l’Agglo et ses soutiens partageront cet avis. Par ailleurs, il souhaite s’investir dans le développement économique : « Le Département n’a plus cette compétence, mais avec la Région, notre agglomération a un rôle à jouer. Il y a un foncier accessible, de grands donneurs d’ordres, la reconversion du Bassin de Lacq avec de très beaux projets. Il faut aller chercher des filières à forte valeur ajoutée d’emploi. »
Unité départementale en question
Sur la défaite de la droite à Oloron, Patriarche regrette l’absence de liste commune : « J’ai fait partie de ceux qui ont essayé de dire qu’il serait bien de travailler ensemble. Après, il y a les caractères des uns et des autres. J’ai dit à Hugo Couchinave qu’à sa place, je tendrais la main à Clément Servat. Cela a été fait, mais la main n’a pas été saisie au regard du passif de la campagne. On voit le résultat. J’espère que les leçons seront tirées pour les Départementales de 2028. » Concernant la perte de la mairie de Biarritz par Maider Arostéguy, il note : « C’était dans l’ordre du possible avec un mouvement autour d’une personnalité à forte notoriété. Peut-être que relancer le dossier Aguilera aussi près des élections n’était pas idéal. » Enfin, le basculement abertzale de l’agglomération basque l’inquiète : « Ce n’est pas un très bon signal. Les revendications de certains font peser de lourdes questions sur l’avenir et l’unité des Pyrénées-Atlantiques. On a l’impression qu’au Pays basque, on franchit chaque fois un petit palier supplémentaire. Cela m’inquiète parce que je suis attaché à l’unité de notre département. »



