Dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 mai 2026, deux réserves d'eau de substitution, communément appelées « bassines », ont été sabotées dans la Vienne et les Deux-Sèvres. Ces infrastructures, destinées à stocker l'eau pour l'irrigation agricole, ont subi des dégradations matérielles significatives.
Des actes revendiqués par des militants écologistes
Les dégradations ont été revendiquées par le collectif « Bassines Non Merci », qui lutte contre ces réserves d'eau, les accusant d'accaparer une ressource précieuse au détriment de l'environnement et des petits agriculteurs. Selon un communiqué du collectif, les actions visent à dénoncer un modèle agricole intensif et à alerter sur la gestion de l'eau en période de sécheresse.
Les faits dans la Vienne
Dans la Vienne, à proximité de la commune de Lussac-les-Châteaux, une bassine de 150 000 mètres cubes a été endommagée. Les gendarmes, arrivés sur place vendredi matin, ont constaté que des vannes avaient été ouvertes, vidant une partie de la réserve. Des tags et des banderoles ont également été retrouvés sur le site.
Les faits dans les Deux-Sèvres
Dans les Deux-Sèvres, à Mauzé-sur-le-Mignon, une autre bassine de 200 000 mètres cubes a été visée. Les auteurs ont sectionné des câbles et endommagé le système de pompage. Les dégâts sont estimés à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Une enquête a été ouverte par le parquet de Niort.
Réactions des autorités et des agriculteurs
Le préfet de la Vienne a condamné fermement ces actes de vandalisme, soulignant que ces infrastructures sont essentielles pour l'agriculture locale, notamment en période de sécheresse. Les syndicats agricoles, comme la FNSEA, ont également exprimé leur indignation, appelant à un renforcement de la sécurité autour des bassines.
De leur côté, les associations écologistes, tout en ne cautionnant pas les dégradations, rappellent que ces réserves d'eau sont contestées depuis leur conception, car elles puisent dans les nappes phréatiques en hiver pour irriguer en été, ce qui, selon elles, perturbe les écosystèmes aquatiques.
Un contexte de tensions récurrentes
Ces sabotages s'inscrivent dans un contexte de tensions croissantes autour de la gestion de l'eau en France. Depuis plusieurs années, les projets de bassines dans le Poitou-Charentes suscitent des manifestations et des actions de désobéissance civile. En 2023, des affrontements violents avaient eu lieu à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, entre manifestants et forces de l'ordre.
Les autorités appellent au calme et à un dialogue constructif entre tous les acteurs de la filière eau. Une réunion est prévue dans les prochains jours avec les représentants agricoles et les associations environnementales pour tenter d'apaiser les tensions.



