Projet CSR à Montpellier : le débat s'annonce explosif autour d'Ametyst
Projet CSR à Montpellier : débat explosif autour d'Ametyst

La concertation publique autour du projet de construction d'une unité de valorisation énergétique utilisant des combustibles solides de récupération (CSR), sur le site d'Ametyst à Garosud, s'ouvre ce lundi 11 mai dans un climat électrique. Ce dossier s'annonce comme l'un des plus explosifs du mandat de Michaël Delafosse, le président de la Métropole de Montpellier.

Un projet controversé dès le départ

Avant même son ouverture officielle, la concertation autour du projet CSR d'Amétyst met déjà le feu au débat montpelliérain. Ce lundi 11 mai, habitants, militants et élus se retrouvent salle Fernand-Pelloutier pour une première réunion publique qui s'annonce tendue. Au cœur des crispations : le projet de création d'une unité de valorisation énergétique utilisant des combustibles solides de récupération, produits à partir de déchets non recyclables.

Pour la Métropole, il s'agit de réduire l'enfouissement et d'éviter l'envoi massif de déchets hors du territoire. Pour ses opposants, c'est surtout "un incinérateur déguisé". Pour en expliquer les contours, c'est directement l'industriel Urbaser, exploitant du site Amétyst, qui va piloter cette concertation publique.

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"Scandale sanitaire" selon les opposants

Sur les réseaux sociaux, les appels à mobilisation se multiplient. Une campagne relayée ces derniers jours invite clairement les habitants à dire "NON à l'incinérateur de déchets CSR à Montpellier". Les opposants dénoncent un "scandale sanitaire, écologique et financier", évoquant les risques liés aux émissions atmosphériques, le coût du projet et une future hausse des taxes liées aux déchets.

Face à eux, la Métropole avance la gabegie écologique et l'export des 110 000 tonnes de déchets résiduels pour être enfouies ou incinérées ailleurs en Occitanie. Depuis la fermeture de la décharge de Castries en 2019, la Métropole de Montpellier expédie chaque année environ 110 000 tonnes de déchets résiduels vers différents sites d'Occitanie pour enfouissement ou incinération.

Selon les chiffres avancés par les élus favorables au projet CSR, entre 4 000 et 4 500 camions quittent ainsi le territoire chaque année, soit près de 800 000 kilomètres parcourus. Le surcoût de cette exportation des déchets est estimé à 27 millions d'euros par an. La future unité CSR d'Amétyst prévoit de traiter localement environ 45 000 tonnes annuelles.

Une nouvelle bataille politique

Le dossier ouvre aussi une nouvelle bataille politique. Désormais vice-président de la Métropole chargé des déchets, le maire de Castries Pierre-Marie Carvajal hérite d'un sujet explosif en remplacement de René Revol, battu lors des dernières municipales. Pierre-Marie Carvajal ne s'est pas encore exprimé publiquement en détail.

Mais dans l'entourage de Michaël Delafosse, on assume une nouvelle légitimité politique conférée par "les résultats des dernières municipales. Nous n'avons rien caché sur le CSR durant la campagne", glisse un proche du président de la Métropole. La majorité promet même des effets rapides sur la fiscalité.

Michaël Delafosse avait assuré pendant sa campagne qu'"à peine le CSR construit", la Métropole baisserait de 10 % la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM). À l'inverse, sans nouvelle solution locale, le président évoquait "une explosion" des coûts liés aux déchets.

Un débat qui dépasse la technique

Une chose est sûre : à Montpellier, le dossier Amétyst dépasse désormais largement la question technique. Santé publique, fiscalité, écologie et stratégie politique se mêlent dans un débat qui pourrait devenir l'un des plus inflammables du mandat. La première réunion publique a lieu ce lundi 11 mai à 18 h 30, salle Fernand-Pelloutier, à côté du siège de Montpellier Méditerranée Métropole.

La concertation doit se poursuivre plusieurs semaines avec réunions, contributions en ligne et ateliers thématiques. Informations et calendrier sur le site dédié : projet-transformation-ametyst.fr.

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