Un dernier conseil communautaire sous tension
Jeudi 5 mars s'est tenu le dernier conseil communautaire de la mandature, un événement dédié principalement au débat d'orientation budgétaire mais qui a rapidement dévié vers des questions plus sensibles concernant l'avenir des services publics locaux.
La fusion des écoles au cœur des préoccupations
Le point numéro six de l'ordre du jour, concernant la transformation du regroupement intercommunal Crespian-Cannes-et-Clairan Montmirat et la fusion des écoles, a provoqué un débat passionné sur l'avenir des écoles de village. Le conseil communautaire a officiellement acté la fermeture des écoles de Crespian et Cannes-et-Clairan pour créer un groupe scolaire unique sur la commune de Montmirat.
Marie-José Pellet, maire de Junas, s'est exprimée avec une conviction remarquable : "L'école de village, ce n'est pas un détail dans un organigramme de compétences. C'est le cœur vivant d'une commune. C'est un lieu d'instruction, d'émancipation où chaque enfant, quelle que soit sa situation sociale, accède à un savoir commun et à des repères de citoyenneté". Elle a conclu son intervention en annonçant son vote contre cette délibération, affirmant que "l'école de village n'est pas un poste de dépense à optimiser : c'est le cœur de nos communes et le pilier du service public d'éducation sur notre territoire".
Pierre Martinez, président de la communauté, a répondu qu'il n'était pas d'accord avec cette position, soulignant que les élèves bénéficieraient d'excellentes conditions de travail dans un établissement moderne. Sandrine Serret, maire de Cannes-et-Clairan, a rappelé avec émotion que son village allait perdre son école et a appelé à la solidarité entre communes.
Le vote final a donné les résultats suivants :
- 10 votes contre la fusion
- 1 abstention
- 17 votes en faveur de la fusion
Un budget équilibré mais fragile
Le débat d'orientation budgétaire a été présenté par Alain Thérond, vice-président en charge des finances. Il a expliqué en détail le nouveau système comptable, précisant que le compte financier unique remplace désormais le compte administratif et le compte de gestion.
Les chiffres présentés révèlent une situation financière contrastée :
- Total des dépenses : 26 677 370 €
- Total des recettes : 27 447 055 €
- Excédent de clôture 2025 : 769 685 €
- Montant de l'endettement 2026 : 12 664 042 €
Alex Dumas, vice-président délégué à la collecte et la valorisation des déchets, a souligné que les revenus de la taxe TEOM (taxe d'enlèvement des ordures ménagères) étaient largement excédentaires, contribuant ainsi à obtenir un résultat positif. Cependant, il a tempéré cet optimisme en rappelant la fragilité de la situation au vu du montant important de l'endettement.
Béatrice Leccia a quant à elle mis en lumière les difficultés financières persistantes de la communauté. Un débat animé s'est ensuite instauré autour des attributions de compensation, dont plusieurs élus, dont Marie-José Pellet et Jean-Michel Andriuzzi, souhaitent la révision.
Une séance qui marque la fin d'une époque
Cette séance, clôturée par un apéritif convivial, a représenté une étape importante pour de nombreux élus, particulièrement pour ceux qui ne se représenteront pas aux prochaines élections. Les discussions ont révélé les tensions entre la rationalisation des services publics et la préservation de l'identité des villages, un dilemme qui continuera sans doute à animer les débats locaux dans les mois à venir.
Le conseil communautaire de Sommières, dans le Gard, a ainsi vécu un moment charnière de son histoire récente, mêlant considérations budgétaires techniques et questions fondamentales sur l'avenir des services publics en milieu rural.



