Alors que la Grèce affiche une croissance économique encourageante depuis plusieurs trimestres, une ombre persistante plane sur le bien-être de sa population. Une récente étude, publiée par l'Institut hellénique de statistique, révèle qu'un Grec sur quatre, soit environ 25 % de la population, est toujours menacé par la pauvreté ou l'exclusion sociale. Ce chiffre, bien qu'en légère baisse par rapport aux années précédentes, souligne la fragilité de la reprise et la persistance des inégalités dans le pays.
Une croissance économique qui ne profite pas à tous
La Grèce a connu une reprise économique notable après la crise de la dette, avec un taux de croissance du PIB de 2,5 % en 2025 et des prévisions optimistes pour 2026. Cependant, cette croissance ne s'est pas traduite par une amélioration significative des conditions de vie pour une large partie de la population. Les mesures d'austérité mises en place lors des plans de sauvetage ont laissé des séquelles profondes, notamment sur le marché du travail et les systèmes de protection sociale.
Les jeunes et les familles monoparentales particulièrement touchés
L'étude met en lumière que les jeunes de moins de 25 ans sont les plus vulnérables, avec un taux de pauvreté atteignant 30 %. Les familles monoparentales, souvent dirigées par des femmes, sont également confrontées à des difficultés majeures, avec un risque de pauvreté de 35 %. Le chômage, bien qu'en baisse, reste élevé à 12 %, et les emplois précaires ou à temps partiel sont monnaie courante.
Les inégalités régionales et l'accès aux services
Les disparités entre les régions sont également frappantes. Les zones rurales et les îles, qui dépendent fortement du tourisme et de l'agriculture, affichent des taux de pauvreté bien supérieurs à ceux d'Athènes ou de Thessalonique. De plus, l'accès aux soins de santé et à l'éducation reste inégal, malgré les efforts du gouvernement pour renforcer ces secteurs.
Les mesures gouvernementales insuffisantes
Le gouvernement grec a mis en place plusieurs dispositifs pour lutter contre la pauvreté, comme l'augmentation du salaire minimum et des aides sociales ciblées. Cependant, les critiques estiment que ces mesures sont insuffisantes face à l'ampleur des besoins. Les organisations non gouvernementales appellent à une réforme en profondeur du système de protection sociale et à des investissements massifs dans l'éducation et la formation professionnelle.
Un avenir incertain
Malgré les signes de reprise, l'avenir reste incertain pour de nombreux Grecs. La crise du coût de la vie, alimentée par la hausse des prix de l'énergie et de l'alimentation, aggrave la situation des ménages les plus modestes. Les experts estiment que sans des politiques plus inclusives et durables, la menace de la pauvreté continuera de peser sur une partie significative de la population grecque.



