Un dossier qui a déchiré la vie municipale
La construction d'une nouvelle école associative d'enseignement en langue basque, une ikastola, a profondément tendu la vie municipale de Briscous durant le dernier mandat, conduisant jusqu'à la démission de la maire Fabienne Ayensa. Bien que le sujet soit formellement clos et que les travaux de terrassement aient commencé sur le terrain acquis par la commune, l'ombre de ce dossier brûlant plane toujours sur la campagne électorale pour les municipales de mars.
Une crise politique majeure
Porté par la fédération des ikastola Seaska, le projet de construction a généré des mois de tensions vives entre des parents d'élèves et la municipalité, notamment sur le choix du lieu et les contours du projet. Ces dissensions ont finalement conduit le conseil municipal à mettre Fabienne Ayensa en minorité, précipitant sa démission. Cette crise a ouvert la voie à Pascal Jocou, son ancien premier adjoint qui avait lui-même démissionné en 2019, pour ceindre l'écharpe tricolore. « C'était tendu, il fallait apaiser », résume le nouveau maire, candidat à sa succession.
Les termes de l'accord et les critiques
La commune a finalement acquis un terrain de 7 200 mètres carrés via l'EPFL, dont 2 650 m² sont dévolus à l'ikastola. Seaska financera la construction à hauteur de 600 000 euros et louera la parcelle via un bail emphytéotique de 70 ans, pour environ 2 200 euros annuels. Pascal Jocou défend cet accord, estimant que la commune sera bénéficiaire d'environ 50 000 euros à terme. Cependant, la candidate Catherine Errecart, tête de liste Briscous Beskoitze, cap sur l'avenir, questionne ce montage, estimant que la municipalité « fait un peu la banque pour Seaska ». Elle juge aussi le projet « surdimensionné », calibré pour 92 enfants alors que l'école immersive n'en accueille qu'une cinquantaine aujourd'hui.
Un sujet en filigrane de la campagne
Si Pascal Jocou perçoit un « esprit revanchard » chez certains opposants, Catherine Errecart s'en défend : « Ma liste est très renouvelée. La revanche ne peut pas être un moteur. On vit tous dans le même village ». Théo Salamon, tête de liste Ensemble - Elgarrekin, reconnaît au maire sortant d'avoir trouvé une solution dans les délais, mais aurait préféré une implantation sur le terrain actuel de l'ikastola pour créer un pôle public rénové. Malgré ces divergences, un point semble faire consensus : « L'ikastola est lancée, on ne va pas y perdre notre énergie », concède Catherine Errecart. Ainsi, bien que n'étant plus un sujet central, le dossier de l'ikastola reste en toile de fond de la campagne, témoin des fractures profondes qu'il a engendrées durant le mandat écoulé.



