Les démocrates dénoncent la surveillance de leurs recherches sur le dossier Epstein par le ministère de la justice américain
Surveillance des recherches sur Epstein par la justice américaine dénoncée

Les démocrates s'indignent de la surveillance de leurs recherches sur le dossier Epstein par le ministère de la justice américain

Des élus démocrates au Congrès américain ont vivement condamné, jeudi 12 février, le suivi par l'administration Trump de leurs recherches effectuées au ministère de la justice dans les documents du dossier Epstein qui n'ont pas encore été rendus publics. Cette révélation a suscité une onde de choc dans les cercles politiques, remettant en question les principes de transparence et de séparation des pouvoirs.

Une pratique jugée inappropriée et contraire à la séparation des pouvoirs

L'élue démocrate à la Chambre des représentants Pramila Jayapal, représentant l'État de Washington, s'est particulièrement indignée de cette situation. « Il est complètement inapproprié et à l'encontre de la séparation des pouvoirs pour le ministère de la justice de nous surveiller tandis que nous cherchons dans le dossier Epstein », a-t-elle déclaré avec véhémence. Plusieurs élus ont obtenu accès depuis cette semaine aux documents non caviardés du dossier concernant le criminel sexuel Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019. Ils ont pu les consulter directement au ministère de la justice, qui a confirmé dans un communiqué à l'Agence France-Presse que les recherches effectuées par les élus étaient effectivement enregistrées.

Des preuves tangibles lors d'une audition clé

Lors d'une audition mercredi devant une commission de la Chambre des représentants, la ministre de la justice Pam Bondi est apparue avec plusieurs documents, dont au moins un comportait les recherches effectuées par Pramila Jayapal, comme l'a montré une photo de l'AFP. « C'est scandaleux », a estimé l'élue démocrate sur la plateforme X. Pour le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, ce suivi n'est pas « surprenant ». « Il n'existe aucune limite pour l'administration Trump, pour Pam Bondi, et pour les autres lèche-bottes qui font partie de cette administration corrompue », a-t-il tonné lors d'une conférence de presse jeudi, accentuant les tensions politiques.

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Des critiques qui traversent les lignes partisanes

Sollicité par l'AFP, le ministère de la justice a tenté de justifier cette pratique par la voix d'une porte-parole, affirmant que l'enregistrement des recherches effectuées par les élus sur les ordinateurs du ministère avait été réalisé « afin de se prémunir contre la divulgation d'informations sur les victimes ». Cependant, même à droite, certains fidèles de Donald Trump ont exprimé leur rejet de ce suivi. Le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, a déclaré : « Je pense que les membres [du Congrès] devraient évidemment avoir le droit de parcourir [les documents] à leur propre rythme, et selon leur propre jugement ». Il a ajouté devant la presse qu'il ne pensait pas « qu'il soit approprié pour quiconque de suivre cela », tout en estimant que cela relevait probablement d'une « mégarde » par le ministère.

Des accusations d'étouffement et de manque de transparence

Lors de l'audition de Pam Bondi mercredi, les membres démocrates de la commission judiciaire de la Chambre l'ont accusée d'« étouffer » l'affaire Epstein et d'avoir transformé son ministère en « instrument de vengeance » de Donald Trump. Le gouvernement républicain fait de nouveau face à des accusations de manque de transparence après la publication fin janvier de millions de pages du dossier du criminel sexuel Jeffrey Epstein. Plusieurs élus ont notamment critiqué mercredi le fait que les noms de possibles complices de Jeffrey Epstein avaient été caviardés, contrairement à ce qu'exige une loi promulguée en novembre, soulignant ainsi les contradictions dans la gestion de ce dossier sensible.

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Cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre les branches exécutive et législative du gouvernement américain, avec des implications profondes pour la confiance publique et l'intégrité des institutions. Les démocrates continuent de réclamer des comptes, tandis que l'administration Trump défend ses actions comme nécessaires à la protection des victimes, créant un débat houleux qui risque de se prolonger dans les semaines à venir.