Sénatoriales dans le Gard : Burgoa et Bouad candidats, le RN en embuscade
Sénatoriales Gard : Burgoa et Bouad candidats, le RN en embuscade

Le 27 septembre prochain, les 1 910 grands électeurs du Gard sont convoqués en préfecture de Nîmes pour élire trois sénateurs. Le mode de scrutin, proportionnel à un seul tour, s'applique car trois sièges ou plus sont en jeu. Laurent Burgoa (LR) et Denis Bouad (PS), sénateurs sortants, se représentent, tandis que Vivette Lopez (LR) a choisi de ne pas briguer un nouveau mandat. L'enjeu principal de ce scrutin réside dans l'attribution du troisième siège, que le Rassemblement national espère remporter pour la première fois dans le département.

Un mode de scrutin qui se joue à quelques voix

Mathématiquement, pour obtenir un siège dès le premier tour, une liste doit atteindre le quotient électoral, calculé en divisant le nombre de suffrages exprimés par le nombre de sièges à pourvoir. Avec 1 910 grands électeurs, ce quotient s'établit à 636 voix. Cependant, un seuil de sécurité se situe à 25 % du corps électoral, soit 478 voix, en dessous duquel il est mathématiquement impossible que trois autres listes fassent mieux.

Après la distribution au quotient, les sièges restants sont attribués à la plus forte moyenne. Cette règle complexe peut permettre à la liste arrivée en tête de rafler deux sièges, ou à celle en troisième position d'emporter le dernier strapontin. « Cela peut se jouer à quelques voix. Si, par exemple, la liste arrivée en tête obtient 700 suffrages, la troisième passe avec 351 voix. À 349 en revanche, elle ne rentre pas au Sénat », explique le sénateur LR sortant Laurent Burgoa, devenu un fin connaisseur du scrutin proportionnel.

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Un corps électoral remanié par les municipales

Le corps électoral est composé principalement des conseils municipaux, avec un poids proportionnel à la taille de la commune. Les communes de moins de 500 habitants n'envoient qu'un seul grand électeur, tandis que Nîmes pèse 211 voix. Les dernières élections municipales ont donc modifié la donne. La victoire de la gauche à Nîmes aurait pu offrir au PS et à ses alliés communistes une position de force, mais des dissidences à gauche pourraient compromettre cette avance.

En 2020, le PS avait raté un deuxième siège pour neuf petites voix. Cette année, en plus de La France Insoumise, une ou deux listes dissidentes pourraient se dresser sur le chemin de Denis Bouad. Si celles-ci cumulent une centaine de voix, comme l'avait fait Alexandre Pissas il y a six ans, la gauche laisserait le champ libre à Laurent Burgoa et sa liste d'union de la droite et du centre pour la première place.

La droite unie, un atout pour Burgoa

Contrairement à 2020, où les LR avaient vu le MoDem Stéphane Cardenes leur grappiller 170 voix, Laurent Burgoa mène cette fois une liste unique allant de LR à Renaissance. Cette union pourrait compenser la perte des grands électeurs de Nîmes, passés à gauche. La droite a par ailleurs conservé ou repris des communes qui pèsent, comme Alès, Saint-Gilles, Villeneuve-lès-Avignon, Le Grau-du-Roi, Les Angles ou Rochefort-du-Gard.

Le sénateur sortant a mené une campagne intensive cet été, rencontrant plus de 250 maires des communes rurales pour défendre son bilan. Cette stratégie de proximité pourrait s'avérer payante pour sécuriser la première place et permettre à sa colistière Valérie Meunier, en deuxième position, d'obtenir un siège.

Le RN en embuscade, un poids difficile à évaluer

Le Rassemblement national, qui avait obtenu 203 voix (10,93 % des suffrages) en 2020 avec Julien Sanchez, espère progresser cette année. La députée Sylvie Josserand mène la liste RN, qui peut compter sur les conseillers municipaux supplémentaires de Bagnols-sur-Cèze et Vauvert, villes dirigées par le RN depuis mars, ainsi que sur les élus d'opposition de Nîmes et d'Alès, plus nombreux.

L'élection de Nicolas Meizonnet à la tête de la communauté de communes de Petite Camargue montre que le RN parvient à séduire des élus de villes et villages plus modestes. Selon les estimations, le RN pourrait déjà compter sur environ 300 voix. La question est de savoir combien de suffrages supplémentaires il pourra mobiliser d'ici le scrutin.

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La droite et la gauche font du barrage au RN un objectif majeur, d'autant plus que l'extrême droite a réussi un grand chelem lors des dernières législatives dans le département. Une victoire du RN aux sénatoriales renforcerait son ancrage local, ce qu'il pourrait mettre en avant dans la perspective de la présidentielle.

Une gauche divisée, cinq ou six listes en lice

Les candidats doivent présenter une liste paritaire de cinq personnes. À une semaine du dépôt des candidatures, la droite et le RN ont déjà clarifié leurs positions. À gauche, la situation est plus confuse. Le sénateur PS sortant Denis Bouad est candidat à la tête d'une liste d'union, avec la communiste Cathy Chaulet en deuxième position. Mais l'élue départementale Carole Bergeri (Place Publique) s'est lancée dans la course et semble déterminée à aller au bout.

Le maire de Tresques, Alexandre Pissas, avait remporté le vote militant, mais la direction nationale du PS ne l'a pas suivi. « J'ai une liste qui est prête, reste à savoir si je me présente ou pas. Le 2 juillet, Olivier Faure m'a dit "C'est toi qui vas être investi", puis il y a eu des influences… », confie-t-il à Midi Libre. Il lui reste une semaine pour se décider. S'il se présente, il sera à la tête d'une quatrième liste de gauche, après celles de Denis Bouad, de Carole Bergeri et de La France Insoumise, menée par le Viganais Jean-Baptiste Thibaud. Les écologistes, eux, n'iront pas, mais ne soutiennent pas franchement Denis Bouad, mécontents de certains de ses votes au Sénat.