Sénatoriales 2026 : dans les Bouches-du-Rhône, Les Républicains partent en ordre dispersé
Sénatoriales 2026 : LR en ordre dispersé dans les Bouches-du-Rhône

À moins de trois mois des élections sénatoriales de septembre 2026, la droite républicaine des Bouches-du-Rhône s'engage dans une compétition interne inédite. Deux listes concurrentes se disputeront les suffrages des grands électeurs, signe des fractures qui traversent le parti dans ce département clé.

Deux listes pour un seul camp

D'un côté, la liste conduite par le sénateur sortant Stéphane Le Rudulier, soutenue par l'appareil national des Républicains. De l'autre, une liste menée par le maire de Martigues, Gérard Frachet, qui rassemble des élus locaux mécontents de la direction actuelle. Cette situation est inédite dans le département, où la droite avait jusqu'à présent toujours réussi à présenter une liste unique.

Selon un proche des deux camps, « cette division est le résultat de plusieurs mois de tensions sur la stratégie locale et nationale ». Les Bouches-du-Rhône disposent de huit sièges à renouveler sur les 348 que compte le Sénat. En 2020, la droite avait remporté cinq de ces sièges, mais les équilibres pourraient être bouleversés cette année.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un contexte national tendu

Ces divisions locales s'inscrivent dans un climat national difficile pour Les Républicains, qui peinent à trouver une ligne claire depuis la dernière présidentielle. Le parti a perdu des soutiens dans plusieurs départements, et les sénatoriales sont perçues comme un test important avant les échéances de 2027.

« Nous avons besoin d'unité pour défendre nos valeurs face à la macronie et à l'extrême droite », a déclaré un cadre national du parti, sous couvert d'anonymat. Mais dans les Bouches-du-Rhône, les ambitions personnelles et les querelles de personnes semblent l'emporter sur la discipline de parti.

Les enjeux locaux

Le département des Bouches-du-Rhône est stratégique pour la droite, qui y détient une majorité de conseillers départementaux et de maires. Les grands électeurs, composés principalement d'élus locaux, seront appelés à voter le 27 septembre. La fragmentation de l'offre de droite pourrait profiter à la majorité présidentielle et à la gauche, qui présentent également des listes.

« Une division fait toujours le jeu de l'adversaire », a commenté un analyste politique local. La liste de Gérard Frachet pourrait notamment capter une partie des voix des maires ruraux, tandis que celle de Stéphane Le Rudulier mise sur le soutien des parlementaires et des figures nationales.

Quelles conséquences pour le Sénat ?

Au niveau national, le Sénat est dominé par la droite depuis 2014. Mais avec ces divisions, le groupe Les Républicains au Palais du Luxembourg pourrait perdre des sièges. Dans les Bouches-du-Rhône, le score de la droite en 2020 était de 58,7 % des suffrages exprimés. Si cette fois les deux listes cumulent un score inférieur, le nombre de sénateurs de droite pourrait baisser.

Les candidats des deux listes affirment pourtant leur attachement à l'unité républicaine. « Nous restons des Républicains, mais nous pensons qu'un renouvellement est nécessaire », a expliqué Gérard Frachet. De son côté, Stéphane Le Rudulier appelle à « faire bloc pour ne pas laisser la gauche s'emparer de nos sièges ».

La campagne s'annonce serrée dans ce département où la droite joue une partie de sa crédibilité. Les électeurs devront trancher entre deux visions de la droite locale, avec des conséquences qui dépasseront largement les frontières des Bouches-du-Rhône.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale