Marine Le Pen et l'ensemble des 25 prévenus du procès des assistants parlementaires du Front national (FN) ont déposé un pourvoi en cassation, a annoncé l'avocat de la députée du Pas-de-Calais, Me Rodolphe Bosselut, mardi 21 juillet 2026. Cette décision suspend l'exécution des peines prononcées en première instance et ouvre une nouvelle phase judiciaire.
Les faits et le jugement contesté
Le 31 mars 2026, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné Marine Le Pen à cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, quatre ans de prison dont deux ferme aménageables, et 100 000 euros d'amende. Elle avait été reconnue coupable de détournement de fonds publics pour avoir employé des assistants parlementaires européens fictifs entre 2004 et 2016. Les autres prévenus, dont des cadres du parti comme Louis Aliot ou Bruno Gollnisch, avaient également été condamnés à des peines allant de six mois avec sursis à trois ans de prison ferme.
Un pourvoi collectif et coordonné
Selon Me Bosselut, « tous les prévenus ont formé un pourvoi en cassation, ce qui était attendu compte tenu des enjeux ». Le pourvoi, déposé dans les délais légaux, suspend l'exécution provisoire des peines d'inéligibilité, permettant à Marine Le Pen de se présenter à l'élection présidentielle de 2027 si elle le souhaite. La Cour de cassation examinera les moyens soulevés, notamment la qualification de détournement de fonds publics et la régularité de la procédure.
Les conséquences politiques
Cette action en justice a des répercussions immédiates sur la vie politique française. Marine Le Pen, candidate déclarée à la présidentielle, peut désormais faire campagne sans la menace d'une inéligibilité immédiate. Cependant, si la Cour de cassation confirme le jugement, elle pourrait être déclarée inéligible après l'élection. Le parti, désormais renommé Rassemblement national, a salué une « décision de justice qui permet de rétablir la présomption d'innocence ».
Les réactions des parties civiles
Le Parlement européen, partie civile dans cette affaire, a pris acte du pourvoi. Une source proche du dossier a indiqué que « la procédure suit son cours normal ». Les associations anti-corruption, comme Anticor, ont dénoncé une « manœuvre dilatoire » et espèrent que la Cour de cassation statuera rapidement pour « clarifier la situation juridique ».
Les prochaines étapes judiciaires
La Cour de cassation n'a pas encore fixé de date pour l'examen du pourvoi. En moyenne, ce type de procédure prend entre six mois et un an. Si la Cour casse le jugement, l'affaire sera renvoyée devant une cour d'appel. Si elle rejette le pourvoi, les peines deviendront définitives. Me Bosselut a précisé que « les arguments sont solides et nous espérons une issue favorable ».
Impact sur la campagne présidentielle
Selon un sondage Ifop réalisé en juin 2026, Marine Le Pen recueillerait 28 % des intentions de vote au premier tour, derrière Emmanuel Macron (32 %). L'absence d'inéligibilité immédiate pourrait renforcer sa dynamique électorale. Toutefois, l'épée de Damoclès de la cassation plane sur sa candidature. Les analystes politiques estiment que cette situation inédite pourrait polariser le débat sur la justice et la probité des élus.



