La loi d'urgence agricole, adoptée en urgence par le gouvernement, suscite des inquiétudes parmi les associations environnementales. Selon elles, plusieurs dispositions pourraient avoir un impact négatif sur la qualité et la quantité d'eau. Ce texte, présenté comme une réponse à la crise agricole, contient des mesures qui assouplissent certaines normes environnementales.
Des assouplissements contestés
Parmi les points litigieux, la loi prévoit la possibilité de déroger aux règles de protection des zones humides pour des projets agricoles. Les associations dénoncent une atteinte à la biodiversité et à la capacité de ces zones à filtrer l'eau. Un rapport du Sénat avait déjà souligné que 50 % des zones humides ont disparu en France depuis 1960.
Autre mesure controversée : l'assouplissement des distances minimales entre les épandages de pesticides et les points d'eau. Les associations estiment que cela risque de contaminer les nappes phréatiques. Selon l'Agence française pour la biodiversité, 30 % des eaux souterraines sont déjà polluées par les pesticides.
Des critiques sur le manque de concertation
Les associations environnementales regrettent également le manque de débat parlementaire sur ces dispositions. La loi a été adoptée en procédure accélérée, limitant les amendements. « Le gouvernement a choisi la rapidité au détriment de la qualité écologique », a déclaré un porte-parole de France Nature Environnement.
Le ministère de l'Agriculture défend pour sa part ces mesures, affirmant qu'elles sont nécessaires pour soutenir les agriculteurs face à la crise. « Il s'agit de simplifier les démarches sans remettre en cause les objectifs environnementaux », a-t-il indiqué.
Un impact potentiel sur la ressource en eau
Les experts pointent un risque accru de sécheresse et de pollution. Les zones humides jouent un rôle clé dans la régulation des débits d'eau. Leur destruction pourrait aggraver les pénuries d'eau lors des périodes de sécheresse, déjà plus fréquentes avec le changement climatique.
La loi prévoit également des dérogations pour les projets de stockage d'eau, comme les retenues collinaires. Les associations craignent que ces ouvrages ne captent l'eau au détriment des écosystèmes. « La priorité devrait être la sobriété et l'efficacité, pas le stockage systématique », a commenté un expert de l'ONG WWF.
Une mobilisation en cours
Plusieurs associations ont annoncé leur intention de contester la loi devant le Conseil constitutionnel. Elles dénoncent une régression environnementale. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 100 000 signatures.
Le gouvernement maintient que la loi respecte les engagements européens et les objectifs de la transition écologique. Il promet un suivi rigoureux des dérogations accordées. Reste à savoir si ces garanties suffiront à préserver la ressource en eau.



