Périgord : Entre ambitions politiques et petites phrases, le bilan d'une semaine agitée
Périgord : La semaine politique entre ambitions et petites phrases

Une semaine politique mouvementée en Périgord

La période du 20 au 28 mars a été particulièrement animée sur la scène politique périgourdine, avec son lot de déclarations surprenantes, de règlements de comptes et de manœuvres électorales à l'approche des nouvelles mandatures municipales.

Michel Cadet et le Tour de France : un changement de discours ?

Michel Cadet, bien qu'il n'ait pas encore été officiellement élu maire de Périgueux, a été accueilli comme tel jeudi 26 mars au Parc des sports et des loisirs. Il participait à une journée autour du vélo organisée par la Ville à 100 jours du lancement du Tour de France. L'occasion pour lui de rappeler qu'il avait organisé les 100 mètres de l'Isle pour le retour des champions périgourdins des Jeux olympiques de Tokyo en 2021, et qu'il avait participé, au niveau de l'agglomération, aux 100 jours avant les JO de Paris 2024.

« Ce sont des manifestations qui marquent », a-t-il commenté. Fait notable : pour une fois, il n'a fait aucune allusion aux chiffres. Pourtant, quatre mois auparavant jour pour jour, en Conseil municipal, il avait interpellé le maire d'alors, Émeric Lavitola, sur le montant des participations financières des collectivités locales au passage du Tour. Une question se pose désormais : va-t-il rétropédaler sur le sujet ?

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Ribérac : une triangulaire qui laisse des traces

À Ribérac, le dépouillement a été suivi de près par les adversaires de cette triangulaire serrée. « Nous ne sommes pas mauvais perdants », assurait Philippe Chotard dimanche 22 mars au soir de sa défaite au second tour des élections municipales, à seulement 22 voix derrière Nicolas Platon. Pourtant, le perdant centriste était particulièrement remonté contre le troisième concurrent, Franck Blanchardie (divers droite), arrivé 3e le 15 mars et qui a pu se maintenir : « Son objectif, c'était de nous faire perdre. »

Ce dernier ne s'est effectivement pas caché de préférer le sortant socialiste : « Je ne veux pas être en concubinage avec lui après cette campagne de dénigrement. » Et de s'amuser à féliciter le vainqueur du soir d'un « Qui fait la carpe, qui fait le lapin ? », allusion directe au billet de Philippe Chotard publié sur Facebook pendant l'entre-deux-tours. Un mandat suffira-t-il pour réconcilier tout le monde ? L'avenir le dira.

Bergerac : un baroud d'honneur bien orchestré

À l'occasion des 100 jours avant le Tour de France, le consulat de la Vinée de Bergerac a intronisé les anciens cyclistes Laurent Jalabert et Pascal Chanteur, jeudi 26 mars. Un événement précédé par une déambulation en musique dans les rues de la ville. Mais derrière les consuls en robe de cérémonie, qui figurait en bonne place ? Le maire sortant, Jonathan Prioleaud, et sa garde rapprochée, et non le nouveau maire Fabien Ruet.

On y a même vu l'ancienne adjointe au commerce Josie Bayle lancer un paquito au son de la banda. Un véritable baroud d'honneur, pas forcément absurde puisque le nouveau conseil n'était pas encore installé et que c'est sous le mandat Prioleaud que Bergerac a décroché une étape du Tour 2026. Fabien Ruet s'est contenté d'une discrète apparition, leur laissant volontiers la place.

Autres faits marquants de la semaine

La déconnexion de Nadine Lechon : Au soir du second tour, la députée de la 1re circonscription n'a pas souhaité répondre aux journalistes de Sud Ouest : « Je ne peux pas vous répondre, là. J'ai du monde autour de moi. Je suis en soirée. Rappelez-moi demain », a-t-elle déclaré, un brin agacée. Le droit à la déconnexion appliqué à la lettre.

Le règlement de comptes à Saint-Astier : Jacky Monmarson n'a pas manqué de répondre à l'ancienne maire Élisabeth Marty qui avait assuré qu'elle ne ferait pas de dépression comme cela avait été le cas pour son prédécesseur. « Non, je n'ai pas fait de dépression », a-t-il répliqué sur Facebook, prenant à témoin ses concitoyens de la légitimité d'une profonde déception.

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La polémique mémorielle : Deux associations mémorielles du Périgord vert ont attendu les élections municipales pour faire connaître leur position sur la venue de la députée RN Florence Joubert aux cérémonies, considérant sa présence comme « une insulte » à la mémoire des résistants. La députée dénonce quant à elle « un procédé indigne ».

Le Game of Thrones sarladais : L'élection du président de la Communauté de communes Sarlat Périgord noir s'annonce serrée entre Benoît Secrestat et le nouveau maire de Sarlat Basile Fanier. Les conciliabules et tentatives de débauchage des élus se poursuivent dans un suspense digne des meilleures séries politiques.

L'inventaire de la gauche à Périgueux : Au lendemain des élections municipales, la gauche a commenté de diverses manières sa défaite. Émeric Lavitola, maire battu, reste sobre : « Les résultats n'ont pas été à la hauteur de l'engagement que nous avions collectivement porté ». Chez LFI, on pointe plutôt la stratégie du maire socialiste et de ses partenaires.

L'absence médicale de Philippe Ducène : Après s'être fait porter pâle pour le conseil municipal de transmission de l'écharpe tricolore à son successeur Clément Bijou à Val-de-Louyre-et-Caudeau, il s'est agacé sur Facebook : son absence était due à son « activité médicale, prévue à l'avance dans l'intérêt de [ses] patients ». Une justification qui aurait probablement été différente en cas de victoire.