Le député MoDem de Paris, Grégoire, multiplie les approches en direction de Pierre-Yves Bournazel, figure de la droite parisienne, afin de l'attirer dans son camp en vue des élections municipales de 2026. Selon les indiscrétions rapportées par Le Point, cette manœuvre vise à constituer une coalition centriste capable de battre la maire sortante Anne Hidalgo.
Une stratégie de rassemblement centriste
Grégoire, qui est également conseiller de Paris, a récemment rencontré à plusieurs reprises Pierre-Yves Bournazel, ancien député LR et actuel maire du 9e arrondissement. L'objectif affiché est de créer une alliance large allant du centre droit au centre gauche, en passant par les écologistes modérés. Selon une source proche des négociations, Grégoire aurait proposé à Bournazel une place de tête de liste dans un secteur stratégique de la capitale.
Cette initiative intervient alors que les sondages donnent Anne Hidalgo en tête des intentions de vote pour 2026, mais avec une avance jugée fragile. Grégoire estime que seule une union des forces modérées peut renverser la majorité socialiste en place depuis 2014.
Les réticences de Bournazel
Pierre-Yves Bournazel, qui a quitté Les Républicains en 2019 pour fonder son propre mouvement, Agir, se montre toutefois prudent. Selon Le Point, il aurait conditionné son ralliement à des garanties sur l'autonomie de son groupe et sur la ligne politique de la future coalition. Il exigerait notamment que le projet municipal mette l'accent sur la sécurité, la propreté et la lutte contre les rodéos urbains, des thèmes chers à son électorat.
Un proche de Bournazel confie : « Pierre-Yves ne veut pas être une simple caution centriste. Il veut peser sur le programme et les investitures. » De son côté, Grégoire se dit prêt à discuter, mais rappelle que la priorité est de battre Hidalgo, pas de satisfaire toutes les exigences.
Un calendrier serré
Les discussions devraient s'accélérer à la rentrée de septembre, alors que les partis politiques doivent déposer leurs listes avant la fin de l'année. Grégoire espère annoncer un accord-cadre d'ici octobre, afin de laisser le temps de construire une campagne efficace. En cas d'échec, il pourrait se présenter seul, fort de ses 12 % d'intentions de vote dans les sondages actuels.
L'enjeu est de taille : la mairie de Paris, détenue par la gauche depuis 2001, pourrait basculer si les centristes parviennent à s'unir. Mais les divisions internes et les ego risquent de compliquer la tâche. Comme le résume un observateur : « Grégoire joue gros, et Bournazel le sait. »



