Le député socialiste de l'Eure, Philippe Brun, a annoncé ce mercredi 30 juin 2026 sa candidature à la primaire interne du Parti socialiste (PS) en vue de l'élection présidentielle de 2027. Cette déclaration a été faite lors d'une conférence de presse à Paris, en présence de plusieurs élus et militants du parti.
Une candidature pour renouveler la gauche
Philippe Brun, âgé de 42 ans, est député de la 4e circonscription de l'Eure depuis 2022. Il se présente comme le candidat du renouveau pour la gauche, souhaitant incarner une ligne sociale-démocrate moderne et ancrée dans les territoires. "Je veux porter un projet qui rassemble les Français autour de valeurs de justice sociale, de transition écologique et de souveraineté économique", a-t-il déclaré.
Dans son discours, Brun a critiqué la déconnexion des élites parisiennes et appelé à une refondation du PS. "Notre parti doit revenir à ses racines ouvrières et populaires. Trop souvent, nous avons parlé au nom des classes populaires sans les écouter", a-t-il insisté.
Un contexte de primaire ouverte
La primaire interne du PS, prévue pour l'automne 2026, devrait voir s'affronter plusieurs candidats. Outre Philippe Brun, d'autres figures socialistes pourraient se lancer, comme l'ancien ministre Olivier Faure ou la maire de Paris Anne Hidalgo. Le processus de primaire a été réformé en 2025 pour permettre une participation élargie des sympathisants.
Selon un sondage Ifop réalisé en mai 2026, 23 % des sympathisants de gauche se disent favorables à une candidature de Philippe Brun, le plaçant en deuxième position derrière Olivier Faure (31 %). Ce score témoigne d'une percée notable pour le député normand, connu pour ses positions sur la réindustrialisation et le pouvoir d'achat.
Les priorités du candidat
Philippe Brun a détaillé les grandes lignes de son programme lors de son annonce. Il propose notamment une augmentation du SMIC à 1 600 euros nets, un plan d'investissement de 50 milliards d'euros pour la transition écologique, et une réforme fiscale visant à réduire les inégalités. "Nous devons sortir de l'austérité et investir massivement dans l'avenir", a-t-il affirmé.
Sur le plan européen, il se dit favorable à une réforme des traités pour permettre une plus grande solidarité entre États membres. "L'Europe doit être un bouclier social et écologique, pas une machine à libéraliser", a-t-il ajouté.
Réactions au sein du PS
La candidature de Philippe Brun a suscité des réactions contrastées au sein du parti. Certains élus, comme le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, ont salué une "candidature de terrain". D'autres, proches de la direction, jugent qu'elle fragilise l'unité du parti avant le scrutin présidentiel. "Nous avons besoin d'un candidat unique le plus tôt possible pour éviter les divisions", a déclaré un cadre du PS sous couvert d'anonymat.
Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, n'a pas encore officialisé sa propre candidature, mais il est considéré comme le favori. Une primaire interne pourrait donc être âprement disputée.
Enjeux pour 2027
L'élection présidentielle de 2027 s'annonce cruciale pour la gauche, après la réélection d'Emmanuel Macron en 2022 et la montée de l'extrême droite. Philippe Brun espère incarner une alternative crédible face à ce qu'il appelle "le macronisme et le lepénisme". "Nous devons proposer un projet qui parle aux classes populaires et aux classes moyennes, celles qui ont été abandonnées par la mondialisation", a-t-il conclu.
La primaire du PS sera scrutée de près, car elle déterminera le candidat qui portera les couleurs du parti lors de la présidentielle. Les résultats sont attendus pour novembre 2026.



