Benoît Payan officiellement réinstallé à la tête de Marseille
Le maire de gauche de Marseille, Benoît Payan, a été officiellement réinstallé samedi pour un nouveau mandat, après sa large victoire au second tour des élections municipales du 22 mars 2026. Cette cérémonie d'installation a également vu la nomination du militant antinarcotrafic Amine Kessaci au poste de quatrième adjoint au maire.
Une victoire électorale nette pour la coalition de gauche
Avec 54,34% des voix, la coalition rassemblant la gauche, la société civile et les écologistes emmenée par Benoît Payan a remporté 73 sièges sur les 111 que compte le conseil municipal. Cette performance contraste fortement avec les résultats des autres listes en présence.
La liste du Rassemblement national conduite par Franck Allisio a terminé en deuxième position avec 40,3% des suffrages, obtenant 34 conseillers municipaux. La candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, a quant à elle été largement distancée avec seulement 5,36% des voix, ce qui ne lui donne droit qu'à quatre sièges au conseil municipal.
La composition du nouvel exécutif municipal
Le conseil municipal nouvellement élu a procédé à la désignation des adjoints au maire, dont le nombre maximal légal de 33 a été atteint. Les attributions précises de chacun seront annoncées ultérieurement, mais la hiérarchie des postes a d'ores et déjà été établie.
En quatrième position figure Amine Kessaci, militant antinarcotrafic menacé et sous protection policière permanente, y compris lors de la séance du conseil municipal. Michèle Rubirola, qui avait brièvement occupé le fauteuil de maire en 2020 avant de le céder à Benoît Payan, occupe la deuxième position d'adjoint.
Samia Ghali, dont le rôle avait été déterminant dans le basculement à gauche de Marseille il y a six ans, conserve sa place en troisième position avec le titre spécifique de « maire-adjointe ».
Les déclarations du maire réinstallé
« Dimanche dernier, les Marseillaises et les Marseillais se sont choisi un destin », a déclaré Benoît Payan lors de son discours d'installation. Le maire, qui s'était présenté pendant la campagne comme le seul rempart contre l'extrême droite, a réaffirmé sa volonté de rassembler la ville.
« Je serai le maire de toutes les Marseillaises et de tous les Marseillais, parce que Marseille a besoin d'être rassemblée, d'être protégée. Elle a besoin qu'on répare ses fractures et qu'on prépare son avenir », a-t-il insisté.
Benoît Payan a également évoqué sa vision pour Marseille : « une ville qui rassemble, où vivre notre identité à nulle autre pareille, vivante, fière et populaire, forgée par 2.600 ans de brassage et d'Histoire, une ville qui pense à tous ses enfants ».
Contexte politique et réactions
Le maire de Marseille a bénéficié du retrait au second tour du candidat Insoumis Sébastien Delogu, qui avait pourtant demandé en vain une fusion des listes de gauche. Benoît Payan a maintenu son refus de toute alliance avec La France Insoumise (LFI) tout au long du processus électoral.
Face à la montée historique de l'extrême droite dans la cité phocéenne, qui a notamment balayé la droite traditionnelle, Franck Allisio a promis de « défendre pied à pied les Marseillais, pour contrôler un exécutif qui n'est pas très respectueux des dignités des Marseillais, qui a toujours considéré la sécurité des Marseillais par-dessus la jambe ».
Cette réinstallation marque le début d'un nouveau chapitre pour la gouvernance de la deuxième ville de France, avec une équipe municipale renouvelée et des défis importants à relever, notamment en matière de sécurité et de cohésion sociale.



