Patricia Mirallès : « Je ne me lève pas en m’imaginant maire de Montpellier »
Patricia Mirallès : « Je ne me lève pas en m’imaginant maire »

Patricia Mirallès : « Je ne me lève pas en m’imaginant maire de Montpellier »

Libérée de son poste de ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens Combattants lors du dernier remaniement ministériel, Patricia Mirallès se confie sur le rôle qu’elle veut jouer à Montpellier, dans le cadre des municipales de 2026.

Un quotidien nouveau après le ministère

Interrogée sur son aventure ministérielle, débutée en juillet 2022 et achevée lors du dernier remaniement, Patricia Mirallès décrit un quotidien réorganisé : « J’ai quitté mon appartement de fonction il y a tout juste une semaine. Et depuis, je range, je trie et je donne. J’ordonne les objets et mes idées dans le même temps. » Elle confie quitter le ministère avec « le sentiment de n’avoir pas terminé ce que l’on avait à y faire », mais rappelle que « rien ne vous appartient, même si vous y mettez toute votre énergie ». Elle a laissé un mémo de trente pages pour son successeur. « Quant à moi, je retrouve une solitude qui ne me fait pas peur. Et un quotidien que j’aime à Montpellier, ville où je n’ai pas toujours été bien traitée en tant que ministre. »

Un sentiment de gâchis

Patricia Mirallès exprime sa déception : « J’ai le sentiment d’un gâchis. Une ministre est aussi là pour aider les autres élus, mais peu sont venus me solliciter alors même que j’étais la première montpelliéraine de l’histoire de la ville à ce poste. » Elle précise avoir travaillé avec le préfet, certains maires de la Métropole et la présidente Carole Delga, mais « je n’ai jamais été reçue, dans ma fonction de ministre, par le maire de Montpellier. Je n’ai jamais été reçue par le président du conseil départemental. Quel rendez-vous manqué ! »

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Loyauté et critiques

Bien qu’elle n’ait jamais désavoué le président de la République, son regard est-il plus critique désormais ? « La loyauté, c’est une vraie valeur. Et je n’oublie pas la chance incroyable qui m’a été donnée, moi l’enfant d’un quartier populaire. » Elle respecte l’action d’Emmanuel Macron, rappelant son engagement dès 2016. « On lui reproche, y compris dans son camp, d’avoir dissous l’Assemblée. Mais personne ne se souvient que c’était la demande de 72 % des Français dans les sondages. Aujourd’hui l’Assemblée est à l’image de la société. Divisée. Ça, c’est le constat. Et après ? On discute, on échange, et on vote un budget coûte que coûte. »

Retour à la vie active

« La loi prévoit un maintien de ma rémunération pendant trois mois. Je vais donc retourner bosser, comme je le fais depuis mes dix-huit ans. » Elle souhaite partager son expérience et s’engager davantage comme réserviste. « Ce ne sont pas les projets qui manquent. »

Ambitions pour Montpellier

Patricia Mirallès, toujours élue d’opposition à la Ville et à la Métropole, compte participer aux prochains conseils. « Ma seule boussole, c’est de rendre à ma ville son statut de surdouée, sans dogmatisme. » Elle critique la politique vélo, la perte d’attractivité touristique et commerciale, le détricotage de la Culture et du sport, et la rénovation du stade de La Mosson.

Une candidature aux municipales ?

« Je m’engagerai, d’une manière ou d’une autre, pour cette ville. Et je me fiche d’être tête de liste ! Beaucoup de gens me disent qu’il faut y aller. Que je dois me présenter aux municipales. Je ne me lève pas le matin en m’imaginant maire de Montpellier. Mais je m’interroge sur la personne la plus à même de faire avancer la ville. Aujourd’hui, personne ne me donne envie de l’accompagner. »

Elle évoque des discussions avec Mohed Altrad : « Il a une démarche qui m’intéresse. Je veux savoir qui il est au-delà de l’image publique du milliardaire. » Elle regrette qu’il ne soit pas citoyen d’honneur de la ville. Quant à Philippe Saurel, elle déclare : « Quand j’ai quitté son groupe, c’était suite à ses critiques incessantes sur la politique d’Emmanuel Macron. Politiquement, c’est son choix. Mais humainement, ça m’a blessée. L’histoire politique est terminée. »

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Un retour au gouvernement ?

« Je crois qu’il faut savoir laisser la place. C’est ce qu’il se passe aujourd’hui et c’est très bien comme ça. Mais j’espère surtout que ça n’arrivera pas car cela signifierait que le gouvernement actuel est en échec. »