Monique Barbut démissionne : la loi agricole fait une nouvelle victime
Monique Barbut démissionne : la loi agricole fait une victime

Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a annoncé mardi 21 juillet 2026 son intention de présenter sa démission à Emmanuel Macron, au lendemain de l'adoption de la loi d'urgence agricole par le Parlement. Cette loi prévoit la réautorisation sous conditions de l'acétamipride, un pesticide que la ministre avait qualifié de « ligne rouge ».

Neuf mois seulement à la tête du ministère

Barbut, ancienne dirigeante du WWF, n'aura passé que neuf mois à la tête du ministère de la Transition écologique. Selon son entourage, elle remettra sa démission d'ici au conseil des ministres du mercredi 22 juillet. « Dans ma tête je n'ai pas d'autre option que de remettre ma démission. Soit vous êtes ministre, soit vous n'êtes pas ministre. Aujourd'hui dans ma tête je suis partie demain », a-t-elle déclaré en petit comité. Elle a ajouté : « Si ma démission est acceptée, je pars. Si ma démission est refusée, ça dépend de ce qui est dit et de comment c'est dit demain. »

Un ministère de l'impossible

Ce départ rappelle celui de Nicolas Hulot en 2018, qui avait quitté le même ministère après seulement un an, dénonçant le manque de moyens et les pressions. Barbut, elle, a été confrontée à un conflit direct avec la loi d'urgence agricole, adoptée par les députés et soutenue par le gouvernement, qui réintroduit l'acétamipride, un pesticide controversé interdit depuis 2018 en Europe pour ses risques sur les abeilles. La ministre avait fait de son interdiction une condition de son maintien au gouvernement. Selon une source proche du dossier, « Monique a estimé que sa crédibilité était en jeu. Elle ne pouvait pas cautionner une mesure qu'elle avait combattue pendant des années au WWF. »

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Les réactions politiques

Les ONG environnementales ont salué la décision de la ministre, tout en déplorant la situation. « C'est un acte courageux mais désespérant pour l'écologie politique », a déclaré un porte-parole de Greenpeace France. À l'inverse, les syndicats agricoles ont critiqué ce qu'ils considèrent comme un « abandon de poste » en pleine crise agricole. Le Premier ministre, interrogé en marge d'un déplacement, a indiqué qu'il « prenait acte de cette décision » sans confirmer l'acceptation de la démission. Emmanuel Macron doit s'exprimer mercredi après le conseil des ministres.

Une histoire qui se répète

Ce départ intervient huit ans après celui de Nicolas Hulot, et illustre les difficultés récurrentes du ministère de la Transition écologique, souvent décrit comme « de l'impossible », pris en étau entre les attentes des ONG et les intérêts économiques. Selon un sondage BVA paru la semaine dernière, 67 % des Français estiment que le gouvernement ne fait pas assez pour l'environnement. La loi d'urgence agricole, adoptée par 289 voix contre 245, a été justifiée par l'exécutif comme une réponse nécessaire à la crise du secteur agricole, mais elle a provoqué une fracture au sein de la majorité. Plusieurs députés LREM ont voté contre le texte.

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