Monique Barbut, présidente de l'Agence française pour la biodiversité, a proposé sa démission au président Emmanuel Macron, qui l'a refusée. Cette situation, bien que rare, n'est pas inédite sous la Ve République. Plusieurs ministres ont vu leur démission refusée par le chef de l'État, parfois pour des raisons politiques ou de stabilité gouvernementale.
Un précédent sous de Gaulle : Michel Debré en 1962
En 1962, le Premier ministre Michel Debré propose sa démission au général de Gaulle après l'adoption de la motion de censure contre le gouvernement. De Gaulle refuse, mais Debré insiste et finit par être remplacé par Georges Pompidou. Ce refus initial visait à éviter une crise politique immédiate.
Sous Mitterrand : le cas de Laurent Fabius en 1984
En 1984, le Premier ministre Laurent Fabius offre sa démission à François Mitterrand après la défaite aux élections européennes. Mitterrand refuse, estimant que le gouvernement doit poursuivre les réformes. Fabius reste en fonction jusqu'en 1986.
Jacques Chirac et le refus de démission d'Alain Juppé en 1995
En 1995, Alain Juppé, Premier ministre, propose sa démission après des manifestations contre son plan de réforme de la Sécurité sociale. Jacques Chirac refuse, mais Juppé démissionne finalement en 1997 après la dissolution ratée de l'Assemblée nationale.
Sous Macron : Marlène Schiappa en 2018
En 2018, Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Égalité, propose sa démission après des critiques sur la gestion du mouvement #MeToo. Emmanuel Macron refuse, et elle reste au gouvernement jusqu'en 2023. Selon un conseiller de l'Élysée, « le président a estimé que son travail était utile et qu'elle devait continuer ».
Ces exemples montrent que le refus de démission est un outil politique pour maintenir la stabilité ou envoyer un signal de confiance. Dans le cas de Monique Barbut, l'Élysée a justifié son refus par la nécessité de poursuivre les réformes environnementales. « La présidente de l'AFB a toute la confiance du président pour mener à bien les missions de son agence », a déclaré un porte-parole.



