Menton : la hache de guerre enterrée entre Sandra Paire et Louis Sarkozy
Très utilisée durant la campagne électorale, la hache de guerre est, pour l'instant, définitivement enterrée entre Sandra Paire et Louis Sarkozy. Les têtes de deux des trois listes de droite qualifiées derrière le Rassemblement National pour le second tour des élections municipales à Menton ont officiellement annoncé, lundi soir, la formation d'une liste d'union. Cette décision stratégique intervient après des échanges tendus et des critiques mutuelles très médiatisées.
Un second tour marqué par l'union des droites
Lors du premier tour, dimanche, la députée RN Alexandra Masson, réélue dès le premier tour lors de la législative de 2024, a récolté 36,5 % des voix, se plaçant largement en tête. Elle devance Sandra Paire, qui a obtenu 19,7 % des suffrages, Louis Sarkozy avec 18 %, et un autre ancien adjoint, Florent Champion, qui a recueilli 15 %. Ce dernier n'a pas souhaité participer aux discussions, mais les deux autres candidats se sont rapidement mis d'accord pour former une liste commune.
Cette alliance se fera derrière Sandra Paire, ancienne adjointe de Jean-Claude Guibal, maire de Menton de 1989 à 2021. En cas de victoire, Louis Sarkozy, fils de l'ancien président Nicolas Sarkozy, pourrait quant à lui devenir le premier adjoint de la ville, apportant une nouvelle dynamique à l'équipe municipale.
Un communiqué pour appeler à l'union
Dans un communiqué commun, les deux candidats ont déclaré : « Nous prenons nos responsabilités. Notre union est celle de la compétence et de la raison contre l'aventure idéologique. Nous appelons tous les Mentonnais qui refusent l'isolement de notre ville à nous rejoindre. » Ils ont également souligné que « ce binôme complémentaire allie la maîtrise des dossiers à un regard neuf, garantissant une gestion à la fois expérimentée et audacieuse ».
Des tensions vives durant la campagne
Dimanche soir, Alexandra Masson avait vivement critiqué à l'avance toute fusion de ce type, affirmant : « Nous sommes le seul bloc cohérent. En face de moi, il ne peut y avoir que des mésalliances, des mariages contre nature. » Ces propos reflètent les divisions profondes qui ont marqué la campagne.
En effet, Sandra Paire et Louis Sarkozy ne se sont pas ménagés pendant les semaines de compétition électorale. Très implantée localement, Sandra Paire avait fustigé le manque d'humilité du fils de l'ancien chef de l'État, débarqué l'an dernier des États-Unis. « On a un influenceur à Menton », avait-elle déclaré, en raillant ses prises de position iconoclastes sur la suppression du Code de la route ou la légalisation des drogues.
Lorsque Louis Sarkozy a été investi par Les Républicains, Sandra Paire s'était filmée en train de découper sa carte du parti, un geste symbolique fort. De son côté, Louis Sarkozy n'a pas manqué une occasion de rappeler qu'elle a été condamnée en appel en novembre à deux ans d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts. Il a souligné qu'elle pourrait donc être obligée de démissionner si la condamnation est validée en cassation, ajoutant une dimension judiciaire à leurs affrontements.
Les enjeux des municipales 2026
Cette union de dernière minute illustre les stratégies complexes et les alliances parfois surprenantes qui caractérisent les élections municipales, notamment face à la montée du Rassemblement National. Les électeurs de Menton devront désormais choisir entre le bloc RN porté par Alexandra Masson et cette nouvelle coalition de droite, espérant rassembler les voix dispersées au premier tour.
Les résultats finaux des élections municipales, qui se dérouleront les 15 et 22 mars 2026, seront déterminants pour l'avenir politique de la ville, avec des implications potentielles sur la gestion locale et les politiques urbaines à venir.



