Stocks de missiles américains divisés par deux selon le CSIS
Stocks de missiles américains divisés par deux

Cinq mois après le début du conflit ouvert avec l’Iran, une préoccupation majeure agite les plus hautes sphères militaires américaines : l’état des stocks de missiles intercepteurs. Une analyse publiée cette semaine par le Center for Strategic and International Studies (CSIS) estime que les réserves d’intercepteurs Patriot et THAAD ont été au moins réduites de moitié depuis le début des hostilités.

Des réserves initiales conséquentes mais entamées

Selon le CSIS, les États-Unis disposaient, avant le conflit, de plus de 2 300 intercepteurs Patriot et de 450 systèmes THAAD. Or, la campagne de défense antiaérienne, bien que jugée « majoritairement réussie avec un taux d’interception haut, bien qu’imparfait », a nécessité « une utilisation importante d’intercepteurs », conclut l’institut de recherche.

Le constat est sans appel : les capacités de défense antimissile américaines sont sous tension. Le Pentagone, de son côté, n’a communiqué aucun chiffre officiel sur l’état actuel de ses réserves.

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Discours rassurant de Washington

Interrogé lundi, Donald Trump a tenté de calmer les inquiétudes. Il a assuré que les quantités de missiles disponibles étaient suffisantes, tout en précisant qu’il souhaitait en disposer davantage. Le président américain a également rappelé que « beaucoup ont été donnés à l’Ukraine » sous la présidence de Joe Biden, suggérant que les stocks auraient été plus élevés sans ces transferts.

Le ministre de la Défense Pete Hegseth a lui aussi écarté les craintes. Mais plusieurs médias rapportent que le chef d’état-major des armées, Dan Caine, aurait fait part de ses préoccupations concernant la baisse des stocks, en privé.

Des inquiétudes qui persistent

Le sénateur démocrate Chris Van Hollen a reconnu publiquement l’ampleur de la consommation : « Nous avons utilisé nos intercepteurs […] qui sont évidemment nécessaires pour protéger les soldats américains. Nous en consommons chaque jour, alors que nous pourrions être confrontés à d’autres conflits. » Une allusion directe aux possibles tensions avec la Chine.

Le CSIS, dans son analyse, estime que « des stocks amoindris pourraient obliger les États-Unis et leurs partenaires de la coalition à prendre davantage de risques lors des interceptions ». L’institut évoque également « un risque à court et moyen terme quant à la capacité des États-Unis à mener une guerre contre la Chine dans le Pacifique occidental ».

Accélération de la production d’armements

Face à cette situation, l’administration Trump cherche à accélérer la production. Donald Trump a déclaré lundi que « des usines sont en cours de construction. Beaucoup d’équipements sont en cours de fabrication, les Patriots en particulier ». Le ministère de la Défense a annoncé cette semaine un contrat de 58,6 milliards de dollars sur sept ans avec Lockheed Martin pour produire des missiles Patriot. L’entreprise promet des livraisons « à une vitesse inégalée ».

De son côté, le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a assuré que l’armée américaine « a tout ce dont elle a besoin pour intervenir au moment et à l’endroit choisis par le président ». Un discours qui peine à dissiper les doutes, alors que la guerre avec l’Iran se prolonge et que les réserves stratégiques continuent de diminuer.

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