Menton : la nomination de trois adjoints de quartier par la maire RN enflamme le conseil municipal
Menton : la nomination de trois adjoints de quartier enflamme le conseil

Le conseil municipal de Menton, réuni le 30 juin 2026, a approuvé la création de trois conseils de quartier, chacun animé par un adjoint dédié. Officiellement, l'objectif est de renforcer la participation citoyenne et la concertation sur les projets locaux. Mais l'opposition y voit surtout une manière de rémunérer trois élus supplémentaires, ce qui a enflammé les débats.

Une mesure présentée comme un outil de proximité

La maire RN Alexandra Masson a justifié cette décision par la croissance de la ville et la diversité des problèmes de quartier. « La ville a grandi, les problèmes de quartier des uns ne sont pas les problèmes des autres », a-t-elle déclaré. « Alors, comme la loi l'y autorise, j'ai voulu trois adjoints de quartier. Moi, je suis quelqu'un de proximité ; on ne prend de bonnes décisions que quand on est proche des gens. »

Les trois secteurs définis sont : Ouest (Val d'Anaud, Gorbio, Madone, Borrigo, Castagnins), Centre (Monti, Saint-Roman, Careï) et Est (centre-ville, vieille ville, Garavan, Terres chaudes). Les adjoints désignés sont Gilles Perez, Thierry Venem et Ida Ferrari, jusqu'alors simples conseillers municipaux de la majorité.

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L'opposition dénonce une démocratie « encadrée et filtrée »

Loïc Grenard (Nouvel élan pour Menton) a reconnu l'intérêt de principe des conseils de quartier, mais a listé plusieurs griefs : l'exclusion de l'opposition, la nomination des membres pour tout le mandat sans possibilité de renouvellement, et le mode de désignation par arrêté du maire. « Cela crée la suspicion d'un choix orienté. L'ordre du jour est par ailleurs fixé par le président, qui par nature est un adjoint. Pour toutes ces raisons, cela ressemble en l'état à une démocratie encadrée et filtrée », a-t-il affirmé.

Benjamin Martelli (Renouveau pour Menton) a déploré une réduction du nombre de secteurs et de réunions par rapport aux dispositifs précédents, tandis que Florent Champion (Menton en action) a critiqué le découpage géographique, jugeant incohérent de regrouper des zones comme le Val de Gorbio et le Centenaire, ou la vieille ville et la résidence Ispahan à Garavan.

Un coût de 280 000 euros sur le mandat

Louis Sarkozy (Renouveau de Menton) a calculé que la rémunération des trois nouveaux adjoints coûterait 280 000 euros à la municipalité sur l'ensemble du mandat. Il a souligné que dans les mandats précédents, les élus de quartier n'étaient pas rémunérés, et s'est interrogé sur la nécessité de cette dépense, surtout après les hausses d'indemnités déjà votées.

Le premier adjoint Jean-Christophe Storaï a répondu que « tout travail mérite salaire, c'est prévu par les textes légaux », ajoutant que ces adjoints ne « plomberont pas les comptes de la commune ».

« Où est l'exemplarité ? »

Loïc Grenard a insisté sur le symbole : « Vous nous dites que la situation financière est contrainte, que chaque euro compte. Alors où est l'exemplarité ? Il y avait une autre possibilité : confier ces missions à des conseillers municipaux subdélégués. » Selon lui, avec cette mesure, 24 des 29 élus de la majorité seront indemnisés, en plus des 15 000 euros de frais de représentation déjà votés. « Être élu à Menton ne doit pas être une opportunité pour s'enrichir même si les élus sont nécessaires », a-t-il tranché.

La maire qualifie l'opposant de « minable »

Exaspérée par les critiques, Alexandra Masson a lancé à Loïc Grenard : « Je vous trouve d'une médiocrité affligeante. Vous dévalorisez les élus locaux, vous minimisez leur travail, alors que vous devriez porter leur voix. Vous êtes minable. Le budget a été enfoncé par des précédentes municipalités. Nous, on a une situation en l'état et on devrait travailler gratuitement ? Ce n'est pas sérieux… »

Loïc Grenard, dont le micro a été coupé après un avertissement, a répondu sur Facebook en insistant sur son intention de « pointer le décalage entre les discours et les actes », sans remettre en cause le statut des élus. Il a invité la maire à « ne plus proférer d'injures publiques vis-à-vis de l'opposition », rappelant qu'il s'agit d'un délit puni par la loi.

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Une bataille sur les réseaux sociaux

L'échange houleux a depuis alimenté les discussions sur les réseaux sociaux, où les deux camps s'affrontent. Le conseil municipal a validé la création des conseils de quartier, mais la polémique sur leur financement et leur mode de fonctionnement reste vive.