Le député sortant de la 7e circonscription de Paris, Emmanuel Grégoire (Parti socialiste), se trouve engagé dans une compétition électorale d'une rare intensité pour le premier tour des élections législatives anticipées, fixé au 30 juin 2024. La circonscription, qui couvre les 3e, 10e et 11e arrondissements, est le théâtre d'une quadrangulaire inédite, avec quatre candidats de poids en lice.
Une quadrangulaire inédite dans la 7e circonscription
Outre Emmanuel Grégoire, investi par le Nouveau Front Populaire, on trouve Clément Beaune, député sortant et ancien ministre des Transports, qui se représente sous la bannière de la majorité présidentielle (Ensemble). La candidate écologiste, Marie-Pierre de La Gontrie, est également en lice, tout comme le candidat du Rassemblement national, Philippe de La Grange. Cette configuration à quatre candidats principaux rend le scrutin particulièrement indécis.
Selon une source proche de la campagne, les sondages internes réalisés par les équipes de Grégoire montrent une situation très serrée. « Nous sommes dans un mouchoir de poche avec Clément Beaune et Marie-Pierre de La Gontrie », confie-t-on dans l'entourage du député socialiste. La présence du RN, qui pourrait recueillir entre 10 et 15 % des voix, complique encore la donne et pourrait empêcher tout candidat de dépasser les 50 % au premier tour.
Un contexte politique tendu et des enjeux nationaux
Cette élection législative anticipée fait suite à la dissolution de l'Assemblée nationale décidée par le président Emmanuel Macron après les résultats des élections européennes du 9 juin. Le scrutin parisien est donc perçu comme un test national pour les forces politiques en présence. Emmanuel Grégoire, qui avait été élu en 2022 avec 53,5 % des voix face à Clément Beaune, voit cette fois son adversaire principal bénéficier d'une notoriété renforcée par son passage au gouvernement.
« Le contexte national est très défavorable pour nous, mais nous comptons sur un ancrage local fort et une mobilisation de nos électeurs », a déclaré Emmanuel Grégoire lors d'un meeting de campagne. Il a également souligné l'importance de défendre les valeurs de gauche dans une circonscription historiquement acquise à la gauche. « Paris ne doit pas être un laboratoire de l'extrême droite », a-t-il ajouté, en référence à la présence du RN.
Des stratégies de campagne divergentes
Chaque candidat déploie une stratégie adaptée à ce scrutin particulier. Clément Beaune mise sur son bilan ministériel et sa proximité avec le président Macron, tandis que Marie-Pierre de La Gontrie insiste sur l'urgence écologique et la nécessité d'une alliance large des gauches. Philippe de La Grange, pour le RN, capitalise sur la dynamique nationale de son parti après les européennes.
Emmanuel Grégoire, de son côté, s'appuie sur un réseau militant dense et une connaissance fine du terrain. Il a multiplié les réunions publiques et les porte-à-porte dans les quartiers populaires de la circonscription, notamment dans le 10e arrondissement. « Nous avons besoin de chaque voix pour faire barrage à la majorité et au RN », a-t-il insisté.
Le scrutin du 30 juin s'annonce donc comme un duel à plusieurs, où chaque voix comptera. L'issue de cette quadrangulaire pourrait avoir des répercussions bien au-delà de Paris, en donnant le ton pour les autres circonscriptions où le Nouveau Front Populaire affronte la majorité et le RN.



