Cent jours après son élection le 15 mars 2026, le nouveau maire du Pompidou, Henri Kaufmann, a présenté sa feuille de route pour ce village de 182 habitants perché sur la corniche des Cévennes, à mi-chemin entre Florac et Saint-Jean-du-Gard. La commune, située en zone cœur du Parc national des Cévennes et en site Natura 2000, doit relever le défi de maintenir sa vitalité tout en attirant de nouveaux habitants, dans le respect des contraintes environnementales.
Maintenir la vie locale et soutenir les associations
Henri Kaufmann, qui a succédé à Françoise Saint-Pierre, insiste sur l'importance de préserver le lien social. Les associations sont actives et nombreuses, avec des événements comme des rencontres littéraires, une course pédestre ou un festival musical. La nouvelle municipalité a augmenté leurs subventions, même si, comme le dit le maire, « même si comme tout le monde, on en est à compter avant de commander des trombones ».
Soutenir les producteurs locaux et les artisans
Le village compte de nombreux producteurs locaux : fromages, charcuterie, agneau, fruits et légumes, plantes médicinales, miel ou vin. L'équipe municipale étudie la création d'un circuit gourmand pour inciter les visiteurs à s'arrêter. « Notre problème, c’est que les voitures traversent mais ne s’arrêtent pas. Il faut qu’on leur propose de s’arrêter pour découvrir le patrimoine, les producteurs. Le Pompidou ne doit pas juste être une route départementale qui traverse le village », explique Henri Kaufmann.
Des contraintes d'urbanisme freinent le développement
L'emploi et le logement sont « indispensables pour attirer et retenir des familles et des jeunes », souligne le maire. Mais les règles d'urbanisme, très strictes en zone cœur du Parc national, limitent les possibilités. Un exemple emblématique est le projet de la Maison de Marthe, une résidence pour personnes âgées autonomes, porté par la précédente municipalité. Un terrain a été donné à la commune sous réserve d'un projet social, mais le projet est bloqué. « Nous avons saisi le préfet », indique le maire.
Un attachement profond aux traditions cévenoles
« Il y a des défis, admet Henri Kaufmann, mais il y a aussi une vraie envie. Il y a un réel attachement au pays, à ses traditions, à l’identité cévenole. » Bruno Manin, conseiller municipal, renchérit : « On enterre encore les morts dans nos jardins, on est liés à la terre. »
Des défis pour l'accueil de nouveaux projets
La tradition cévenole inclut aussi l'accueil. Des jeunes ou des personnes extérieures souhaitent créer des projets, mais les contraintes de construction limitent les possibilités. Les artisans, par exemple, peuvent acheter du préexistant mais ne peuvent pas construire sur la commune. L'un des enjeux du mandat sera de trouver des solutions tout en respectant la défense environnementale.
Des groupes de travail pour avancer
Pour faire avancer les dossiers urgents, la municipalité a créé quatre groupes de travail : sur l'eau, la Maison de Marthe, le commerce, le logement et l'urbanisme. Elle prévoit aussi des réunions publiques et peut-être une newsletter. L'espoir : miser sur le collectif pour que vive Le Pompidou.



