Le député socialiste sortant Jérôme Guedj, investi par le Nouveau Front populaire dans la sixième circonscription de l'Essonne, fera face à une candidature dissidente lors des élections législatives des 30 juin et 7 juillet 2024. Cette candidature, portée par l'ancienne suppléante de Jérôme Guedj, a été officialisée avec le soutien de La France insoumise (LFI) et de Génération·s, le parti de Benoît Hamon.
Une dissidence qui fragilise l'union de la gauche
Selon les informations du Point, la candidate dissidente est Hella Kribi-Romdhane, qui fut la suppléante de Jérôme Guedj lors de son élection en 2022. Elle se présente sous la bannière de l'Union populaire, avec le soutien explicite de LFI et de Génération·s. Cette situation intervient alors que le Nouveau Front populaire, coalition électorale scellée entre le Parti socialiste (PS), LFI, Europe Écologie-Les Verts (EELV) et le Parti communiste (PCF), visait à présenter des candidatures uniques pour faire barrage à la majorité présidentielle et au Rassemblement national.
Dans un communiqué, Jérôme Guedj a dénoncé une « trahison » de l'esprit du Nouveau Front populaire. Il a rappelé que l'accord de coalition prévoyait que chaque circonscription ne compterait qu'un seul candidat de la gauche unie. « Je suis le candidat désigné par le Nouveau Front populaire, et cette dissidence est une atteinte directe à l'unité que nous avons construite », a-t-il déclaré.
Les soutiens et les enjeux locaux
La sixième circonscription de l'Essonne, qui comprend les communes de Massy, Igny et Verrières-le-Buisson, est un bastion de la gauche. En 2022, Jérôme Guedj l'avait emportée avec 52,5 % des voix au second tour face à la candidate de la majorité présidentielle. Cependant, la présence d'une candidature dissidente pourrait diviser l'électorat de gauche et ouvrir la voie à une victoire de la droite ou de l'extrême droite.
Hella Kribi-Romdhane a justifié sa candidature par un désaccord sur la ligne politique de Jérôme Guedj, qu'elle accuse de ne pas être assez « combatif » face à la politique d'Emmanuel Macron. « Les électeurs de gauche méritent un candidat qui porte sans compromis les valeurs de justice sociale et de rupture avec le macronisme », a-t-elle affirmé dans un entretien au Parisien. Elle bénéficie du soutien de plusieurs figures de LFI, dont le député sortant de l'Essonne, Antoine Léaument, et de Génération·s, qui voit dans cette dissidence une « expression de la démocratie interne ».
Réactions et conséquences politiques
La direction nationale du PS a condamné cette dissidence, estimant qu'elle « sème la confusion dans l'esprit des électeurs et affaiblit la gauche face à ses adversaires ». Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a appelé à « l'unité derrière le candidat investi » et a demandé à LFI et Génération·s de retirer leur soutien à Hella Kribi-Romdhane.
De son côté, Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, a justifié la dissidence en affirmant que « le Nouveau Front populaire n'est pas un carcan, mais une alliance de forces qui doivent respecter la diversité des sensibilités ». Il a ajouté que « dans certaines circonscriptions, des candidatures alternatives peuvent émerger si l'accord de coalition n'est pas respecté localement ».
Cette situation met en lumière les tensions persistantes au sein de la gauche, malgré l'accord de coalition. Selon un sondage Ifop publié le 14 juin, 68 % des électeurs de gauche se disent favorables à l'unité, mais 32 % estiment que les divergences internes risquent de compromettre les chances de la coalition. Dans la sixième circonscription de l'Essonne, la dissidence pourrait coûter plusieurs points à Jérôme Guedj, rendant le second tour plus incertain.
Les électeurs de la circonscription devront départager les candidats lors du premier tour, le 30 juin. Si aucun candidat n'obtient la majorité absolue, un second tour aura lieu le 7 juillet. La candidature dissidente de Hella Kribi-Romdhane pourrait alors forcer un duel triangulaire ou quadrangulaire, compliquant la stratégie du Nouveau Front populaire.



