Jordan Bardella, président du Rassemblement National (RN) et numéro deux du parti, a accordé un entretien au Monde dans lequel il revient sur l'année écoulée, marquée par l'ombre de la présidentielle de 2027. À 28 ans, il affirme avoir « la vie devant lui » et refuse de se considérer comme un simple « numéro deux », malgré sa position derrière Marine Le Pen.
Une année de réflexion sur l'Élysée
Depuis un an, Jordan Bardella a été au cœur des spéculations sur une éventuelle candidature à la présidentielle. Il confie avoir « pensé à l'Élysée » quotidiennement, mais assure que sa loyauté envers Marine Le Pen reste intacte. « Je n'ai jamais envisagé de la défier », déclare-t-il, tout en reconnaissant que son nom a été cité comme possible successeur. Selon lui, cette période a été « utile pour clarifier les choses » au sein du parti.
Bardella insiste sur le fait que sa priorité est de renforcer le RN en vue des prochaines échéances électorales, notamment les législatives de 2027. Il souligne que le parti doit « incarner une alternative crédible » et que son rôle est de « préparer l'avenir ». Il évoque également la nécessité de « rajeunir l'image du parti » pour attirer de nouveaux électeurs.
La relation avec Marine Le Pen
Interrogé sur sa relation avec Marine Le Pen, Bardella la décrit comme « complémentaire ». Il affirme qu'ils partagent « une vision commune de la France » et que leurs échanges sont « francs et directs ». Il admet cependant que la question de la succession est « un sujet tabou » dans le parti, mais qu'il est « naturel d'y penser ». « Marine est notre candidate naturelle pour 2027, mais après, tout est ouvert », précise-t-il.
Selon un sondage récent, 62 % des sympathisants RN considèrent Bardella comme un potentiel futur leader, contre 38 % pour Le Pen. Ces chiffres, bien que non officiels, témoignent de l'aura grandissante du jeune président. Bardella reste prudent : « Les sondages ne font pas les élections. Je me concentre sur le travail de terrain. »
Un avenir politique en construction
Bardella esquisse les contours de son avenir politique. Il souhaite « peser sur les grandes orientations du parti » et « incarner une nouvelle génération ». Il n'exclut pas de se présenter à la présidentielle un jour, mais refuse de fixer un calendrier. « Je ne suis pas pressé. J'ai 28 ans, j'ai la vie devant moi. » Il met en avant son expérience au Parlement européen, où il est député depuis 2019, et son travail à la tête du RN depuis 2022.
Il critique également la gestion d'Emmanuel Macron, qu'il accuse de « mépriser les classes populaires ». Selon lui, le RN est « le seul rempart contre le chaos » et doit « préparer l'alternance ». Il appelle à une « union des droites » pour battre la majorité présidentielle.
Les défis à venir pour le RN
Le parti fait face à plusieurs défis : la nécessité de « professionnaliser son image », de « gérer les dissensions internes » et de « convaincre au-delà de son électorat traditionnel ». Bardella reconnaît que le RN doit « sortir de son rôle d'opposant » et « proposer des solutions concrètes ». Il cite l'immigration, la sécurité et le pouvoir d'achat comme priorités.
Il se dit confiant pour l'avenir, malgré les critiques sur l'inexpérience de son équipe. « Nous avons des jeunes talents, mais aussi des cadres expérimentés. C'est un équilibre. » Il conclut en affirmant que le RN est « prêt à gouverner » et que 2027 sera « une année charnière ».



