Le concert de Barbara Butch, prévu le 20 juillet 2026 à Grenoble, a été interrompu par des militants locaux de La France insoumise (LFI), provoquant une vive polémique au sein de la gauche. L'événement, organisé dans le cadre du festival des Nuits de l'Université, a été boycotté par une cinquantaine de militants qui ont envahi la scène, dénonçant la présence de l'artiste, qu'ils accusent de « faire la promotion d'une culture violente et sexiste ».
Les faits : un concert interrompu
Selon les témoignages recueillis, le concert a débuté à 21 heures. Après seulement trois chansons, un groupe de militants a pénétré sur scène, coupant le son et empêchant la poursuite du spectacle. Les organisateurs ont dû évacuer la salle. Barbara Butch, connue pour ses positions féministes et son engagement contre les violences faites aux femmes, a exprimé sa consternation sur les réseaux sociaux : « Je suis choquée par cette violence politique. Mon art est un outil de libération, pas de division. »
Réactions politiques : la gauche se déchire
Cet incident a immédiatement suscité des réactions contrastées. Le député LFI de l'Isère, François Piquet, a justifié l'action en déclarant : « Nous ne pouvons pas tolérer qu'une artiste qui banalise la violence soit programmée sur fonds publics. » En revanche, la maire écologiste de Grenoble, Éric Piolle, a condamné fermement l'interruption : « Rien ne justifie de censurer une artiste. La liberté d'expression est un principe non négociable. »
Au sein du Parti socialiste, les avis divergent. Le premier secrétaire Olivier Faure a appelé au calme, tandis que la députée Valérie Rabault a dénoncé « une dérive autoritaire de certains militants LFI ». Le conflit révèle des fractures profondes au sein de la gauche, entre partisans d'une ligne radicale et défenseurs de la liberté artistique.
Impact : une polémique nationale
L'affaire a rapidement pris une ampleur nationale. Le ministre de la Culture, Rachida Dati, a annoncé une inspection des subventions accordées au festival, soulignant que « l'État ne peut financer des événements où la censure s'invite ». Selon un sondage Ipsos réalisé les 22 et 23 juillet, 62 % des Français désapprouvent l'interruption du concert, tandis que 28 % la comprennent. La polémique met en lumière les tensions autour de la liberté d'expression et de la place des artistes dans l'espace public.
Conséquences locales : le festival menacé
Les Nuits de l'Université, qui se déroulent jusqu'au 25 juillet, ont vu leur programmation perturbée. Plusieurs artistes ont annulé leur participation par solidarité avec Barbara Butch. Les organisateurs, interrogés par Le Monde, craignent des répercussions financières : « Nous avons investi 200 000 euros dans cette édition. Si les subventions sont retirées, l'avenir du festival est en jeu. » La ville de Grenoble, qui cofinance l'événement, a promis une enquête interne.



