France Universités à Toulon : les présidents veulent peser dans le débat public
France Universités à Toulon : peser dans le débat public

Plus de cinquante présidents d'universités et directeurs d'écoles publiques sont réunis à Toulon depuis mercredi pour l'assemblée générale de rentrée de France Universités. L'association, qui regroupe les présidents de toutes les universités de France, entend faire entendre sa voix face aux tensions budgétaires et dans la perspective de la prochaine élection présidentielle. Lamri Adoui, président de France Universités, a lancé un avertissement clair : « Si rien n’évolue, toutes les universités seront déficitaires d’ici à 2030. »

Un modèle universitaire asphyxié par la hausse des charges

Le modèle universitaire français vacille, asphyxié par une hausse continue de ses charges, notamment les cotisations de retraite et la protection sociale complémentaire. « La situation est préoccupante de façon générale et alarmante pour un certain nombre d’établissements », prévient Lamri Adoui, également président de l’Université de Caen Normandie. Ce contexte contraint déjà les établissements à des arbitrages douloureux.

Xavier Leroux, président de l’Université de Toulon et hôte de la rencontre, témoigne : « On est limite, mais pas déficitaire, mais pour ça, nous avons dû faire des choix que j’aurais préféré ne pas avoir à faire. » Un constat amer alors que la France accuse un retard massif d’investissement en recherche : 75 milliards d’euros de moins que l’Allemagne par exemple.

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L'université, un pilier de la démocratie et de la souveraineté

Pour Lamri Adoui, « l’été que nous passons démontre combien nous avons besoin de la science ». Entre phénomènes climatiques, crises géopolitiques et cyberattaques, « le rôle de l’université est fondamental en termes de souveraineté et de compétitivité ». Xavier Leroux en atteste, se fondant sur « le Contrat d’objectifs de moyens et de performance de l’Université de Toulon, qui intègre pleinement une dimension duale, civile et de défense ». L’Université de Toulon s’engage ainsi, par contrat avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, dans une stratégie qui intègre ces enjeux.

« Les universités, insiste Lamri Adoui, sont des endroits où on a la possibilité de débattre, de former de façon éclairée et contradictoire. » C’est pour maintenir ce « bastion » que l’association veut peser dans le débat public. « Tout le monde, précise-t-il, est d’accord pour dire que l’université est un pilier de la démocratie. Nous attendons maintenant que ça se traduise par des choix budgétaires courageux. »

Des propositions pour les candidats à la présidentielle

Puisqu’il s’agit de « choix de société sur le long terme », France Universités profite de ce « brainstorming de tous les présidents et présidentes pour essayer de construire des propositions ». Celles-ci seront ensuite présentées aux futurs candidats à l’élection présidentielle. « Nous verrons comment ils s’en saisissent », conclut Lamri Adoui.

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