Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a annoncé ce mercredi qu'il voterait la motion de censure déposée par les écologistes contre le gouvernement, en raison de sa gestion de la canicule. Mais il le fera seul, sans engager le groupe socialiste à l'Assemblée nationale.
Une décision personnelle
Interrogé sur France Inter, Olivier Faure a déclaré : « Je voterai cette motion de censure, parce que je considère que le gouvernement n’a pas pris la mesure de l’urgence climatique et des conséquences de la canicule. » Il a cependant précisé qu'il s'agissait d'un vote personnel : « Je ne demande pas aux députés socialistes de me suivre. Chacun votera en son âme et conscience. »
Cette motion de censure, déposée par le groupe écologiste, vise à dénoncer l'inaction du gouvernement face aux épisodes de chaleur extrême. Selon les écologistes, « 1 500 décès supplémentaires ont été enregistrés lors de la dernière canicule », un chiffre contesté par l'exécutif.
Un isolement politique
En choisissant de voter seul, Olivier Faure s'isole au sein de son propre camp. La direction du PS a pris ses distances avec cette initiative, jugeant qu'une motion de censure n'était pas opportune en pleine trêve estivale. Certains cadres socialistes, comme le député Boris Vallaud, ont estimé que « la priorité est de voter les textes sur le pouvoir d'achat, pas de censurer le gouvernement ».
De son côté, la Première ministre Élisabeth Borne a balayé la motion, la qualifiant de « geste politique sans conséquence ». Elle a rappelé que le gouvernement avait « pris des mesures fortes pour protéger les Français de la canicule, comme l'activation de la cellule interministérielle de crise ».
Les écologistes saluent un geste
La députée écologiste Sandrine Rousseau a salué la décision d'Olivier Faure, y voyant « un signe de lucidité face à l'urgence climatique ». Elle a toutefois regretté que le PS ne suive pas : « Il faut une union des gauches sur ces sujets vitaux. »
La motion de censure devrait être examinée jeudi à l'Assemblée nationale. Sans le soutien du groupe socialiste, ses chances d'être adoptée sont quasi nulles. La majorité présidentielle dispose d'une large avance en sièges.



