Le violent incendie qui ravage les Pyrénées-Orientales depuis plusieurs jours a déjà parcouru 4 600 hectares, selon un bilan communiqué dimanche soir par les autorités. Les pompiers, toujours mobilisés, luttent contre les flammes dans des conditions difficiles, alors que Météo-France place sept départements en risque très élevé pour la journée de lundi.
Un feu hors norme dans le sud de la France
Déclenché jeudi dernier, l'incendie s'est rapidement propagé en raison des fortes chaleurs et du vent. Les communes de Cerbère, Banyuls-sur-Mer et Port-Vendres sont particulièrement touchées. Des évacuations préventives ont été ordonnées, et plusieurs routes sont fermées à la circulation. « C'est un sinistre d'une ampleur exceptionnelle pour la saison », a déclaré le préfet des Pyrénées-Orientales, Thierry Bonnier, lors d'un point presse dimanche.
Sept départements en alerte rouge lundi
Météo-France a placé sept départements en risque très élevé (niveau 4 sur 5) pour la journée de lundi : les Pyrénées-Orientales, l'Aude, l'Hérault, le Gard, les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et la Drôme. Ces territoires connaissent des températures caniculaires et un vent de tramontane fort, propices aux départs de feux. « Les conditions météorologiques restent extrêmement défavorables », prévient l'agence météorologique dans son bulletin.
Des moyens aériens et terrestres massifs
Pour faire face à l'incendie, les secours ont déployé des moyens importants : plus de 600 pompiers, 150 véhicules et des avions bombardiers d'eau (Dash, Canadair). Des renforts sont arrivés des départements voisins. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé sur X (anciennement Twitter) l'envoi de moyens supplémentaires. « La mobilisation est totale pour protéger les populations et les biens », a-t-il écrit.
Un bilan humain et matériel lourd
Selon un premier bilan, plusieurs habitations ont été détruites, mais aucune victime n'est à déplorer pour l'instant. Des centaines de personnes ont été évacuées et relogées dans des centres d'hébergement d'urgence. Les dégâts environnementaux sont considérables : des massifs forestiers entiers sont partis en fumée, menaçant la biodiversité locale. « Nous sommes face à une catastrophe écologique », a déploré le maire de Banyuls-sur-Mer, Jean-Michel Solé.
Un contexte de sécheresse alarmant
Cet incendie survient dans un contexte de sécheresse historique dans les Pyrénées-Orientales, où les précipitations sont déficitaires de plus de 60 % depuis le début de l'année. Les sols sont extrêmement secs, ce qui facilite la propagation des flammes. Les scientifiques alertent régulièrement sur l'augmentation du risque d'incendie lié au changement climatique. « Ce genre d'événement va devenir plus fréquent et plus intense », rappelle une porte-parole de Météo-France.
Recommandations aux populations
Les autorités appellent à la plus grande vigilance. Il est interdit d'allumer des feux en plein air, de jeter des mégots ou de réaliser des travaux susceptibles de provoquer des étincelles. Les habitants des zones menacées doivent se tenir prêts à évacuer et suivre les consignes des secours. Un numéro vert a été mis en place pour les informations : 0800 00 00 00.
L'incendie n'est pas encore maîtrisé, et les pompiers redoutent une reprise active lundi en raison des conditions météorologiques. Le préfet a indiqué que la situation restait « très préoccupante » et que les opérations de lutte se poursuivraient toute la nuit.



