Une inauguration sous le signe de l'histoire et de l'émotion à Bergerac
La salle du Conseil municipal de Bergerac (Dordogne) était comble ce vendredi 27 mars pour la première séance de la mandature du nouveau maire socialiste Fabien Ruet. Devant l'affluence exceptionnelle, des haut-parleurs avaient même été installés à l'extérieur de la mairie pour permettre à tous les citoyens de suivre ce moment symbolique. Les soutiens de la liste de gauche dominaient l'assistance, tandis que les membres de l'opposition, moins nombreux, étaient également présents pour ce rendez-vous démocratique.
Des figures emblématiques dans le public
La séance a été marquée par la présence de personnalités historiques de la vie politique bergeracoise. Daniel Garrigue, ancien maire devenu soutien de Fabien Ruet, assistait à l'événement aux côtés de Dominique Rousseau, qui présidait le Conseil municipal lorsque le nouveau maire faisait ses premiers pas d'élu entre 2008 et 2014. Mais c'est surtout la présence d'Irène Sapir, rescapée de la rafle du Vél'd'Hiv et ancienne élue de 1967 à 2001, qui a suscité une longue ovation du public.
Parmi les personnalités politiques actuelles, on notait également la présence du député RN Serge Muller et du conseiller régional socialiste Christophe Cathus, témoignant de l'importance de cette transition municipale.
L'élection et les premiers engagements
Après un bilan de mandat présenté par le maire sortant Jonathan Prioleaud qui a déclaré avoir « su réveiller la belle endormie », l'élection proprement dite s'est déroulée sous la présidence du doyen Jean-Luc Marcillac, élu de la majorité. Fabien Ruet a été élu maire avec les 26 voix de son équipe, face à neuf votes blancs de l'opposition.
Dans son premier discours, le nouvel édile a exprimé son « immense gratitude » envers les électeurs et s'est engagé à être « le maire de tous, de tous les quartiers ». Il a insisté sur sa volonté de « partir du quotidien des Bergeracois » pour améliorer concrètement la vie dans chaque quartier, redonner du pouvoir d'agir aux habitants, renforcer les services publics et établir des relations de confiance avec l'Agglomération.
« Être maire, c'est animer un collectif d'élus et d'agents », a-t-il déclaré, avant d'annoncer les deux exigences qui guideront son mandat : « la rigueur et la transparence ».
Une opposition déterminée à jouer son rôle
Désormais dans l'opposition, Jonathan Prioleaud, entouré de ses colistiers Laurence Rouan, Christophe Rousseau, Joaquina Weinberg et Fabien Marty, s'est montré offensif. Il a annoncé sa volonté de « comprendre, analyser » sa défaite pour « proposer ultérieurement une alternative claire ». Soulignant que les trois groupes d'opposition représentaient 56% des votants, il a estimé, sous les huées d'une partie du public, que Fabien Ruet avait été élu « avec moins d'un électeur sur quatre ».
« Nous serons constructifs, dévoués, prêts à passer à l'action », a assuré l'ancien maire, interrogeant son successeur sur son positionnement à l'égard de l'opposition. Fabien Ruet lui a répondu que « l'opposition sera respectée ».
De leur côté, les élus RN Christian Gérard, Vanessa Goguillon et François Cornet ont indiqué qu'ils assumeraient « pleinement leur rôle », appelant au « dialogue et au respect » durant le mandat. Thierry Roux, seul élu de sa liste, a quant à lui garanti qu'il serait « vigilant par rapport aux promesses » faites par le candidat Ruet.
Dix adjoints issus de la société civile et de la gauche
Le Conseil municipal a également procédé à l'élection de dix adjoints, même si leurs délégations spécifiques n'ont pas encore été officialisées. Fabien Ruet a expliqué en aparté, à l'issue du Conseil, qu'il devait d'abord prendre un arrêté pour officialiser leurs fonctions.
Ces nouveaux adjoints sont issus de la société civile et des différentes composantes de la gauche qui constituent l'équipe municipale. Dans l'ordre d'élection, il s'agit de :
- Christian Saubadu
- Julie Tejerizo
- Philippe Mallard
- Christine François
- François Duhant
- Sandrine Halter
- Roger Aubry
- Séverine Pons
- Laurent Peslerbe
- Nathalie Brulin
Cette première séance du mandat de Fabien Ruet a donc posé les bases d'une nouvelle ère politique à Bergerac, marquée par des engagements forts et une opposition déjà bien structurée, promettant des débats animés au cours des six prochaines années.



