Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo, a officialisé sa candidature à la mairie de Paris pour les élections municipales de 2026, selon une information du Point publiée le 19 novembre 2024. Cette annonce marque un retour sur le devant de la scène politique pour celui qui a été évincé de son poste en 2023.
Un parcours politique marqué par une disgrâce
Agé de 46 ans, Emmanuel Grégoire a été le premier adjoint d'Anne Hidalgo de 2014 à 2023, supervisant notamment l'urbanisme et la transition écologique de la capitale. Il a été brutalement démis de ses fonctions en juin 2023, lors d'un remaniement municipal, officiellement pour des divergences stratégiques. Selon des sources proches de la mairie, cette éviction a été vécue comme une humiliation par l'intéressé, qui a depuis préparé sa revanche.
Depuis son départ, Grégoire a multiplié les apparitions médiatiques et les critiques à l'égard de la politique d'Anne Hidalgo, notamment sur la gestion de la propreté et de la circulation à Paris. Il a également fondé un mouvement politique, "Paris en commun", qui se veut une plateforme de rassemblement pour la gauche parisienne.
Une candidature qui divise la gauche parisienne
L'annonce de sa candidature intervient dans un contexte de fragmentation de la gauche à Paris. Plusieurs candidats potentiels sont déjà en lice, dont le socialiste Rémi Féraud, actuel sénateur de Paris, et l'écologiste David Belliard, adjoint à la mobilité. Selon un sondage Ifop publié en octobre 2024, la gauche plurielle obtiendrait 28 % des intentions de vote au premier tour, loin derrière la majorité présidentielle d'Emmanuel Macron, créditée de 35 %.
Emmanuel Grégoire a déclaré au Point : "Je suis le mieux placé pour rassembler la gauche et battre la droite et le macronisme en 2026." Il a également critiqué la gestion actuelle de la ville, affirmant que "Paris a besoin d'un nouveau souffle, d'une équipe unie et d'un projet clair".
Les enjeux d'une campagne électorale
La campagne pour les municipales de 2026 s'annonce serrée. La droite, menée par Rachida Dati, actuelle ministre de la Culture, espère reconquérir la capitale après 25 ans de domination socialiste. La majorité présidentielle, avec Gabriel Attal comme possible candidat, cherche à capitaliser sur la popularité d'Emmanuel Macron.
Emmanuel Grégoire mise sur son expérience et sa connaissance des dossiers parisiens pour convaincre les électeurs. Il propose notamment un plan de rénovation des logements sociaux, une accélération de la végétalisation de la ville et une réforme de la police municipale. Selon lui, "la gauche parisienne doit se renouveler pour répondre aux défis du climat et de la solidarité".
La décision finale d'Anne Hidalgo, qui n'a pas encore annoncé si elle se représentera, influencera fortement la dynamique de la campagne. Si elle choisit de ne pas briguer un troisième mandat, la bataille pour sa succession promet d'être intense.



