Depuis 2021, EDF propose au public de découvrir durant l'été l'usine hydroélectrique de Pied-de-Borne, en Lozère. Mise en service en 1965, cette installation souterraine est un maillon d'un vaste système qui exploite les cours d'eau des Cévennes. Simon Monnot, responsable du groupement d'usines du Chassezac, guide les visiteurs pendant 90 minutes au cœur des impressionnantes machines.
Un système en chaîne dans la vallée du Chassezac
« Rarement une usine fonctionne toute seule dans une vallée », explique Simon Monnot. Ici, cinq centrales fonctionnent en chaîne. L'eau du Chassezac et de ses affluents, la Borne et l'Altier, est stockée en altitude dans différentes retenues. Lors des épisodes cévenols, une partie de cette ressource peut être conservée pour être utilisée lorsque les besoins électriques le nécessitent. L'hydraulique a l'avantage de pouvoir être mobilisée rapidement : production et consommation d'électricité doivent constamment rester à l'équilibre. En été, l'eau stockée permet également de soutenir le débit des rivières lorsque celui-ci devient naturellement faible.
43 m³ d'eau par seconde sous 30 bars de pression
À Pied-de-Borne, le visiteur change rapidement d'échelle. Après avoir dévalé la montagne par une conduite forcée, l'eau arrive sous une pression d'environ 30 bars. À plein régime, jusqu'à 43 m³ peuvent traverser chaque seconde les deux groupes de production de la centrale, soit autant de tonnes d'eau. D'impressionnants robinets sphériques permettent d'en commander l'arrivée. Puis l'eau met en mouvement deux turbines Francis, reliées à des alternateurs qui transforment cette énergie mécanique en courant électrique. Les deux groupes développent chacun une puissance maximale de 55 MW, soit 110 MW pour la centrale.
Des équipements sexagénaires et un transformateur bientôt remplacé
La découverte permet aussi d'approcher des machines rarement accessibles au grand public. Certaines pièces des robinets sont encore celles installées à l'origine. D'autres arrivent progressivement au terme de leur vie industrielle : un transformateur doit ainsi être renouvelé après quelque 60 années de service. Installé depuis la mise en service de l'usine en 1965, l'un des deux transformateurs va être remplacé. D'une valeur de 3 millions d'euros, son successeur sera fabriqué par l'entreprise hongroise Kolector, qui a remporté le marché lancé par EDF. Sa livraison est prévue à l'été 2027 et son acheminement devrait durer un mois. L'ancien équipement sera démonté puis revalorisé. Le groupe de production concerné restera indisponible pendant six mois, le temps de l'installation. EDF dispose d'une option pour le second transformateur : elle pourra être levée après avoir testé le premier et vérifié son bon fonctionnement.
Retombées économiques et visites estivales
Une vingtaine d'agents travaillent entre Pied-de-Borne et Les Salelles pour exploiter et entretenir les barrages, centrales et différents équipements du groupement. Une maintenance indispensable pour des installations susceptibles d'être sollicitées à tout moment en fonction des besoins. Une fois passée dans les turbines, l'eau poursuit son voyage. Elle est récupérée en aval et peut de nouveau servir à produire de l'électricité dans d'autres centrales. Pied-de-Borne n'est donc qu'une étape d'un aménagement qui court de la Lozère à l'Ardèche. Cette présence industrielle génère également des ressources locales. En 2025, les retombées fiscales liées à la chaîne hydroélectrique du Chassezac ont représenté 3,1 millions d'euros pour le seul département de la Lozère. Deux visites sont encore programmées mardi 25 et vendredi 28 août, à 14 h. Gratuit, dès 10 ans, durée 1 h 30. Jauge de 12 personnes, réservation obligatoire plusieurs jours à l'avance auprès de l'office de tourisme à Villefort au 04 66 46 87 30. Pièce d'identité obligatoire. Chaussures fermées à semelle plate et vêtements couvrants exigés.



