Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo, a officiellement annoncé ce mardi 19 novembre 2024 sa candidature à la mairie de Paris pour les élections municipales de 2026. Dans un entretien accordé au Parisien, il a détaillé les raisons de cette décision, qu'il présente comme un « devoir » face à l'immobilisme de la majorité sortante.
Une candidature de rupture au sein de la majorité
Emmanuel Grégoire, qui a démissionné de son poste de premier adjoint en septembre 2023, estime que la ville a besoin d'un « nouveau souffle ». Il critique la gestion d'Anne Hidalgo, qu'il juge trop centralisée et éloignée des préoccupations des Parisiens. Selon lui, la capitale souffre d'un « manque de vision » et d'une « perte de vitesse » sur des sujets clés comme le logement, la propreté ou la sécurité.
L'ancien adjoint, âgé de 46 ans, se positionne en rupture avec la politique menée depuis 2014. Il promet de « remettre la ville en mouvement » et de « redonner la parole aux Parisiens ». Sa candidature est perçue comme un défi direct à Anne Hidalgo, qui n'a pas encore annoncé si elle briguerait un troisième mandat.
Un projet axé sur le logement et la transition écologique
Dans son programme, Emmanuel Grégoire met l'accent sur le logement, qu'il considère comme « la priorité absolue ». Il propose de construire 40 000 logements sociaux supplémentaires d'ici 2030 et de lutter contre la spéculation immobilière. Il souhaite également renforcer la transition écologique, en accélérant la piétonnisation de certaines zones et en développant les transports en commun.
Il s'engage à « réconcilier écologie et justice sociale », estimant que les mesures environnementales ne doivent pas pénaliser les plus modestes. Il critique notamment la piétonnisation des voies sur berge, qu'il juge mal préparée, et propose de mieux associer les riverains aux décisions.
Une opposition interne et un paysage politique fragmenté
La candidature d'Emmanuel Grégoire fragilise encore un peu plus la majorité sortante, déjà divisée entre les partisans d'Anne Hidalgo et ceux qui réclament un changement. Plusieurs figures socialistes, comme l'ancienne ministre de la Culture Audrey Azoulay, ont déjà exprimé leur soutien à Grégoire.
À droite, la candidate Rachida Dati, qui a déjà annoncé sa candidature, espère capitaliser sur les divisions à gauche. Le paysage politique parisien s'annonce plus fragmenté que jamais, avec également la candidature probable de l'écologiste David Belliard et celle du centriste Yann Wehrling.
Selon un sondage Ifop publié en octobre 2024, Emmanuel Grégoire recueillerait 18 % des intentions de vote au premier tour, derrière Rachida Dati (24 %) et Anne Hidalgo (22 %), si elle se représente. Le second tour s'annonce donc très ouvert, avec une possible quadrangulaire.
Les prochaines étapes de la campagne
Emmanuel Grégoire prévoit de lancer officiellement sa campagne en janvier 2025, avec une série de déplacements dans les arrondissements parisiens. Il entend également organiser des réunions publiques pour présenter son projet aux habitants.
Il devra d'abord convaincre les militants socialistes, qui désigneront leur candidat lors d'une primaire interne prévue en juin 2025. La compétition s'annonce serrée face à Anne Hidalgo, qui pourrait bénéficier du soutien de l'appareil du parti. Emmanuel Grégoire mise sur sa connaissance des dossiers et son ancrage local pour faire la différence.



