Publicité « Pour préserver son image, il est prêt à sacrifier ceux qui l’ont soutenu » : l’opposition de Robert Nardelli à Drap explose en plein conseil municipal. Trois mois après les élections municipales à Drap, le divorce est consommé entre Romain Bianchi, le chef de file d’Unis pour Drap, et Sophie Esposito, l’une de ses colistières, qui monte au créneau.
Un psychodrame en conseil municipal
« Arrêtez, les bulletins ne sont pas bons ! C’est pas la bonne liste… Nous ne voterons pas ! » Romain Bianchi, chef de file d’« Unis pour Drap », s’agite, debout. Une main en l’air, l’élu d’opposition drapois interrompt brutalement la désignation des grands électeurs pour les élections sénatoriales de septembre 2026. Les opérations de vote venaient à peine de commencer, ce 5 juin 2026 en conseil municipal. Psychodrame.
« Ben ne votez pas », souffle le maire, imperturbable derrière l’urne. « Arrangez-vous entre vous », grogne-t-il à son opposant. Qui continue de protester. En vain. « Allez, venez, on sort », finit-il par dire à deux de ses colistiers qui, las, obtempèrent… Sur le banc de l’opposition, une seule élue refuse de bouger : Sophie Esposito. « C’est moi qui ai déposé cette liste, j’assume », tranche-t-elle. « Je croyais que vous vous étiez arrangés entre vous », glisse le maire, abasourdi. L’ambiance devient de plus en plus électrique. « Je vais déposer un recours », tonne Romain Bianchi. « Vous êtes le roi du recours, mais cette fois ayez le courage de le faire vous-même », réplique le maire. Allusion à la contestation déposée devant le tribunal administratif (TA) pour tenter de faire annuler le résultat des urnes. Le recours introduit sans Romain Bianchi par Sandrine Guglielmino, Sophie Esposito, aujourd’hui conseillères municipales, et Audrey Cousy, colistière non élue, a été rejeté, la semaine dernière, par le juge administratif. Une décision qui valide définitivement la réélection, le 15 mars dernier, de Robert Nardelli.
Une guerre interne dans l’opposition
Mais que s’est-il passé ce 5 juin ? La veille, Sophie Esposito a déposé en mairie la liste d’opposition pour l’élection des grands électeurs. Le jour même du conseil, Romain Bianchi a, de son côté, envoyé sa propre liste par mail. Une guerre interne à l’opposition, invisible pour la majorité. « Avant le conseil, nous étions en bureau de la majorité, sans ordinateur, sans rien. Nous ne pouvions pas savoir que les opposants n’étaient pas d’accord entre eux », s’agace Robert Nardelli.
Une question d’ego au centre du problème ? Assurément. Sur la liste de Bianchi, Bianchi était premier. Sur celle d’Esposito, elle menait la danse et son chef de file se retrouvait bon dernier. « Oui, j’ai proposé un ordre différent. Et alors ? Pourquoi certaines propositions seraient-elles légitimes et d’autres non ? Peut-être parce que certaines servent des intérêts personnels », accuse Sophie Esposito. « Pour moi, ce n’est pas l’attitude d’un leader. C’est celle d’un petit chef davantage préoccupé par son ego que par l’intérêt collectif », lance-t-elle encore.
Déballage sur les réseaux
Le divorce est consommé. Et le déballage se poursuit sur Facebook. Sophie Esposito, ancienne adjointe à l’Éducation de la majorité (2020-2024) passée dans l’opposition, tire à boulets rouges sur Bianchi et décrit un fonctionnement dictatorial : « À chaque fois, on me demandait de me taire “pour l’équipe”. À chaque fois, j’acceptais. (…) On me répondait : “On est obligés de faire comme ça”. » Encore ce fameux « on ». » Déçue, elle enfonce le clou au sujet du recours devant le TA : « Pendant des mois, beaucoup ont cru qu’il avait lui aussi déposé plainte. (…) Mais son nom n’apparaissait nulle part. Pour préserver son image, il est prêt à sacrifier ceux qui l’ont soutenu ». « Une véritable mascarade », selon elle.
La réplique de Romain Bianchi n’a pas tardé. Sur sa page Facebook, le chef de file de l’opposition persiste : sa liste était la seule légitime. « Une élue qui avait pris ses distances de l’équipe a décidé, à titre personnel et sans l’accord de l’équipe, de déposer une autre liste avec son nom en tête », contre-attaque-t-il, ciblant, au passage, le maire qui a refusé d’enregistrer sa liste de dernière minute. Au prochain conseil municipal, la liste « Unis pour Drap » sera-t-elle toujours aussi unie ?



