Burn-out : le Sénat enterre le rapport par crainte des répercussions
Burn-out : le Sénat enterre le rapport

Le Sénat a choisi de ne pas publier le rapport sur le burn-out commandé en 2023, par crainte de répercussions politiques, selon des sources proches du dossier. Le document, qui devait être rendu public en juin 2026, a été discrètement enterré par la commission des affaires sociales.

Un rapport enterré pour éviter les polémiques

Selon plusieurs sénateurs, la décision a été prise pour ne pas fragiliser le gouvernement à l'approche des élections. Le rapport, long de 200 pages, pointait des lacunes majeures dans la prévention des risques psychosociaux au travail. Il recommandait notamment de renforcer les contrôles de l'inspection du travail et d'obliger les entreprises à évaluer les risques de burn-out.

Un sénateur ayant participé aux travaux a confié au Monde : "Le rapport était très critique envers les politiques publiques actuelles. Certains collègues ont estimé qu'il valait mieux l'enterrer pour éviter une polémique inutile."

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Des lacunes dans la prévention

Le rapport soulignait que seulement 30 % des entreprises de plus de 50 salariés disposent d'un document unique d'évaluation des risques à jour intégrant les risques psychosociaux. Il pointait également le manque de moyens alloués à la médecine du travail, avec seulement 6 000 médecins du travail pour 18 millions de salariés.

La publication du rapport aurait pu relancer le débat sur la loi santé au travail, adoptée en 2021, dont l'application est jugée insuffisante. Selon les auteurs, le burn-out toucherait 2,5 millions de salariés en France, soit près de 10 % de la population active.

Les syndicats dénoncent un enterrement

Les syndicats ont réagi vivement à cette décision. La CFDT a dénoncé "un enterrement de première classe" et réclamé la publication immédiate du rapport. Le syndicat estime que "le Sénat cède aux pressions du patronat et du gouvernement".

De son côté, le Medef a salué la décision, estimant que le rapport "stigmatisait les entreprises sans fondement scientifique".

Un précédent inquiétant

Ce n'est pas la première fois qu'un rapport parlementaire est enterré. En 2023, un rapport sur la pollution de l'air avait subi le même sort. Mais pour les spécialistes de la santé au travail, la situation est particulièrement préoccupante. "Le burn-out est un problème de santé publique majeur. Enterrer ce rapport, c'est refuser de voir la réalité en face", a déclaré le Dr. Marie-Pierre Guillon, psychiatre spécialiste des risques psychosociaux.

Le Sénat n'a pas officiellement commenté la décision, mais une source interne indique que "le rapport pourrait être rendu public après les élections".

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