Une atmosphère de retour aux sources pour l'installation du nouveau maire
La salle du conseil municipal de Bordeaux a connu une séance chargée de symboles ce vendredi 27 mars, lors de l'installation du nouveau maire Thomas Cazenave. Plusieurs figures emblématiques de l'ère Juppé ont investi les lieux, donnant à cette élection municipale un parfum de revenez-y et créant une impression palpable de machine à remonter le temps.
Les anciens de l'ère Juppé en force
Parmi les personnalités présentes, Hugues Martin, ancien maire de Bordeaux entre 2004 et 2006 et dauphin historique de Jacques Chaban-Delmas, occupait le premier rang avec un large sourire. Celui qui avait accueilli Thomas Cazenave tout jeune en stage à la mairie et l'avait soutenu durant la campagne de 2026 semblait particulièrement ravi de cette élection.
À ses côtés se trouvaient d'autres grandes figures de cette époque :
- Stéphan Delaux, ancien adjoint de Juppé depuis ses débuts en 1995
- Élizabeth Vigné, ancienne adjointe à la nature
- Véronique Fayet, qui a tenu le social jusqu'en 2014
- Pierre Lothaire, ex-maire de quartier de Caudéran
Plus loin dans la salle, deux « juppettes » comme elles se présentent elles-mêmes – Maribel Bernard, ex-adjointe au commerce, et Emmanuelle Cuny, son homologue de la petite enfance – complétaient ce tableau d'anciens collaborateurs réunis. Tous affichaient sur leur visage l'air ravi de ceux qui reviennent à la maison après une longue absence.
Un retour en famille ou un nouveau départ ?
L'élection du macroniste Thomas Cazenave marque-t-elle le retour de Bordeaux dans la « famille » de droite qui l'a tenue pendant des décennies ? « Oui, c'est la même famille qui revient », confirme Stéphan Delaux, tout en précisant immédiatement qu'il y a « une envie de renouveau, la recherche d'un nouvel élan, cette équipe va le donner ». Il insiste donc sur le fait qu'il ne s'agit pas d'un simple retour en arrière.
Hugues Martin emploie une métaphore significative : « La roue tourne ». Il explique : « Ce n'est pas le retour de l'ancienne équipe, il y a des anciens, des nouveaux… La roue tourne, c'est bien comme ça ». Ami de Pierre Hurmic dans le privé, il reconnaît que ce dernier a « changé un certain nombre de choses, il a essayé de mettre en œuvre un programme écologiste », tout en pointant un échec majeur : « Il s'est surtout planté sur les allées de Tourny, ça lui a coûté très cher ».
Le mandat Hurmic : une parenthèse entre deux époques
Emmanuelle Cuny utilise une expression ambiguë pour décrire la situation : « C'est une nouvelle équipe qui revient à la mairie ». Elle précise cependant qu'il n'y a pas de retour en arrière pour autant : « Elle est renouvelée, avec quelques anciens qui ont une expérience des précédents mandats ». Pour elle, le mandat Hurmic aura été une pause entre deux époques : « Il aura fait évoluer certaines choses, mais c'est une parenthèse. Il n'y a pas eu de projet emblématique, tout ce qui est sorti de terre, c'est ce que nous avions lancé : les cinq écoles, le pont Simone-Veil. Les cours d'écoles végétalisées, on avait commencé à le faire, le bio à la cantine aussi ».
Maribel Bernard abonde dans ce sens : « Hurmic a fait des choses, mais pour moi il n'y a pas eu une grande impulsion, de grands changements ». Fabien Robert, nommé adjoint de Cazenave ce vendredi comme il le fut de Juppé jusqu'en 2020, se montre encore plus sévère dans son analyse : « Ce n'est pas le retour de la famille, l'institution ne nous appartient pas. Tous ceux qui sont ici ont soutenu Thomas, c'est normal qu'ils soient là. Hurmic a été légitime, mais le bilan est famélique, il n'aura pas marqué positivement Bordeaux ».
Seule Véronique Fayet vient au secours du désormais ex-maire : « Hurmic a bien fait son boulot, du mieux qu'il pouvait avec le Covid, son équipe qui débutait… Les électeurs ne connaissent pas le mot gratitude ».
Une installation symbolique pour l'avenir de Bordeaux
Cette séance d'installation du nouveau maire Thomas Cazenave à Bordeaux a donc été marquée par une forte présence symbolique des anciennes figures de l'ère Juppé, créant un pont entre le passé et l'avenir de la ville. Si tous insistent sur le renouveau et le nouvel élan que doit apporter cette équipe, la réunion de ces anciens collaborateurs dans la vieille salle du conseil municipal a indéniablement donné à cette élection un caractère particulier, mêlant nostalgie et perspectives nouvelles pour la capitale girondine.



