À Blois, les socialistes n'ont que la primaire en tête
À Blois, les socialistes n'ont que la primaire en tête

L'université d'été du Parti socialiste, qui s'est tenue à Blois du 26 au 28 août, a été marquée par une obsession : la primaire de janvier. Les cadres du parti, interrogés par Libération, n'ont eu de cesse d'évoquer ce scrutin, au point d'occulter le bilan du quinquennat de François Hollande.

Une primaire qui éclipse le bilan

Dès les premières heures de l'université d'été, les discussions ont porté sur les modalités de la primaire, les candidats potentiels et les stratégies de campagne. Aucun des responsables présents n'a souhaité s'étendre sur le bilan du président sortant, préférant se projeter vers l'avenir. Cette attitude a été remarquée par les observateurs, qui y voient une volonté de tourner la page Hollande.

Selon un cadre socialiste présent à Blois, « la primaire est la seule échéance qui compte ». Cette déclaration résume l'état d'esprit des militants et des élus, qui voient dans ce scrutin une chance de renouveler le leadership du parti. Cependant, certains s'interrogent sur les conséquences d'une telle stratégie, qui pourrait laisser le champ libre à la droite et à l'extrême droite.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les divisions internes refont surface

La primaire, loin de rassembler, semble raviver les divisions internes. Les différents courants du PS peinent à s'accorder sur le calendrier et les règles du scrutin. Certains plaident pour une primaire ouverte à tous les électeurs de gauche, d'autres pour une primaire réservée aux seuls adhérents. Ces divergences ont été au cœur des débats, parfois houleux, qui ont animé les ateliers et les conférences.

Malgré ces tensions, la direction du parti tente de maintenir le cap. Elle rappelle que la primaire est un moment démocratique essentiel, qui doit permettre de désigner le meilleur candidat pour la présidentielle. Mais les socialistes ne sont pas dupes : ils savent que l'issue de ce scrutin déterminera l'avenir du parti.

Un avenir incertain pour le PS

Au-delà des joutes internes, c'est la question de la survie du PS qui se pose. Les sondages donnent le parti à des niveaux historiquement bas, et la primaire pourrait être un dernier sursaut ou un nouveau coup dur. Les socialistes espèrent que ce scrutin mobilisera les électeurs et redonnera une dynamique au parti.

En attendant, l'université d'été de Blois a confirmé que les socialistes n'ont qu'une seule priorité : la primaire. Le reste, notamment le bilan du quinquennat, est relégué au second plan. Une stratégie risquée, qui pourrait se retourner contre ses initiateurs si les électeurs jugent que le PS ne s'intéresse pas à leurs préoccupations.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale