Réforme audiovisuel public : deux sénateurs LR répondent à Charles Alloncle
Audiovisuel public : des sénateurs LR contre-attaquent

Deux sénateurs Les Républicains (LR) ont dévoilé, samedi 11 juillet, un prérapport sur la réforme de l'audiovisuel public, en réponse directe au projet du député Renaissance Charles Alloncle. Ce document de 45 pages, intitulé « Pour un audiovisuel public fort et indépendant », propose une fusion plus progressive des entités que celle prévue par le gouvernement.

Un contre-projet pour contrer le rapport Alloncle

Les sénateurs LR, Laurent Lafon et Roger Karoutchi, membres de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication, ont présenté leur texte comme une alternative au rapport remis en juin par Charles Alloncle. Ce dernier préconisait la création d'une holding unique regroupant France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l'INA d'ici 2027. Les sénateurs jugent ce calendrier « irréaliste » et « dangereux pour l'indépendance des rédactions ».

Selon eux, « une fusion brutale risquerait de déstabiliser les services publics audiovisuels et de nuire à la diversité des contenus ». Leur prérapport recommande plutôt une « convergence progressive » sur cinq ans, avec une mutualisation des fonctions support (ressources humaines, informatique, achats) dès 2026, mais sans fusion juridique des sociétés.

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Des propositions concrètes pour l'avenir

Le document des sénateurs LR avance plusieurs mesures clés. Il propose notamment le maintien de la redevance audiovisuelle, que le gouvernement souhaite supprimer, et son affectation directe à l'audiovisuel public. « La redevance doit être pérennisée et indexée sur l'inflation pour garantir des ressources stables », écrivent-ils. Ils suggèrent également la création d'un « Haut Conseil de l'audiovisuel public » chargé de veiller à l'indépendance éditoriale.

Autre point de divergence : la gouvernance. Alors que Charles Alloncle propose un président unique pour la holding, les sénateurs LR défendent le maintien de présidents distincts pour chaque société, avec un « coordinateur inter-entreprises » nommé par le CSA. « L'indépendance des rédactions passe par une diversité de directions », insiste Laurent Lafon.

Réactions et enjeux politiques

Ce prérapport intervient alors que le gouvernement prépare un projet de loi sur l'audiovisuel public, attendu à l'automne. Le ministre de la culture, Rachida Dati, a salué « une contribution utile au débat », tout en rappelant que « la réforme est nécessaire pour moderniser le secteur face à la concurrence des géants du numérique ».

Du côté de l'opposition, les réactions sont mitigées. La sénatrice socialiste Marie-Pierre de La Gontrie a dénoncé « un énième rapport qui ne résout rien », tandis que le groupe écologiste au Sénat a estimé que « le statu quo n'est pas une option, mais la fusion non plus ». Les syndicats de l'audiovisuel public, qui avaient massivement contesté le rapport Alloncle, ont accueilli favorablement le prérapport LR, y voyant « une oreille attentive à leurs inquiétudes ».

Un calendrier serré

Les sénateurs LR entendent maintenant consulter l'ensemble des acteurs du secteur avant de finaliser leur rapport, prévu pour septembre. « Nous voulons associer les personnels, les producteurs et les associations d'auditeurs à cette réflexion », a déclaré Roger Karoutchi. Le gouvernement, de son côté, compte présenter son projet de loi en octobre, avec pour objectif une adoption avant la fin de l'année 2026.

Ce duel de rapports illustre les tensions au sein de la majorité et entre les chambres sur cette réforme emblématique. Alors que le député Alloncle bénéficie du soutien de l'exécutif, les sénateurs LR espèrent peser dans le débat grâce à leur majorité au Sénat. « Le gouvernement devra composer avec nous », prévient Laurent Lafon.

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