Loi urgence agricole : accord en commission mixte paritaire sur mesures contestées eau et pesticides
Accord CMP sur loi urgence agricole : eau et pesticides au cœur

Les parlementaires réunis en commission mixte paritaire (CMP) sont parvenus à un accord, jeudi 16 juillet 2026, sur le projet de loi d'urgence agricole. Ce texte, porté par le gouvernement, maintient plusieurs dispositions contestées, notamment celles relatives à l'utilisation de l'eau et des pesticides, suscitant la colère des associations environnementales.

Un accord trouvé après des heures de négociations

La CMP, composée de sept députés et sept sénateurs, a planché pendant près de six heures pour trouver un compromis. Selon nos informations, les discussions ont principalement porté sur deux articles clés : l'article 3, qui assouplit les règles de stockage de l'eau à des fins agricoles, et l'article 5, qui autorise l'usage dérogatoire de pesticides dans certaines zones protégées.

Le rapporteur du texte, le député Jean Dupont (Renaissance), a salué un "accord équilibré qui répond à l'urgence de la situation des agriculteurs". Il a précisé que "les mesures adoptées permettront de sécuriser les récoltes tout en respectant les engagements environnementaux de la France".

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les mesures phares maintenues

Parmi les dispositions conservées, l'article 3 prévoit la création de "zones de rétention temporaire" d'eau, une mesure vivement critiquée par les écologistes qui y voient une atteinte à la gestion durable de la ressource. Le texte autorise également, via l'article 5, l'utilisation de pesticides à base de glyphosate jusqu'en 2030 dans les zones Natura 2000, sous réserve d'une autorisation préfectorale.

Selon le ministère de l'Agriculture, ces mesures concerneraient environ 15 % des surfaces agricoles françaises. Le ministre, Julien Lefèvre, a déclaré : "Nous devons concilier productivité et protection de l'environnement. Ce texte permet de donner des outils aux agriculteurs sans compromettre nos objectifs climatiques."

Les oppositions dénoncent un recul environnemental

Les associations écologistes, comme France Nature Environnement (FNE), ont immédiatement réagi. "Ce texte est une régression sans précédent", a dénoncé sa présidente, Clara Martin. "En autorisant le stockage de l'eau et l'usage de pesticides dans des zones protégées, le gouvernement sacrifie la biodiversité au profit d'une agriculture intensive."

Les députés écologistes ont annoncé leur intention de saisir le Conseil constitutionnel si le texte était adopté en l'état. "Nous ne laisserons pas passer ces mesures qui fragilisent nos écosystèmes", a affirmé le député Éric Piolle.

Impact sur le monde agricole

Du côté des syndicats agricoles, la FNSEA a salué un accord "pragmatique". Son secrétaire général, Jérôme Rousseau, a estimé que "ces mesures sont indispensables pour faire face aux sécheresses récurrentes et maintenir la compétitivité de nos exploitations". Il a toutefois regretté que le texte n'aille pas plus loin sur la simplification administrative.

Le projet de loi d'urgence agricole doit maintenant être soumis au vote des deux chambres. Si l'accord de la CMP est validé, le texte pourrait être adopté définitivement avant la fin du mois de juillet.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale