Face aux épisodes caniculaires de l'été 2026, l'éventail s'est imposé comme un accessoire incontournable dans la métropole de Toulon. L'objet dépliant figure désormais au top des ventes de nombreux commerces et ateliers d'artisanat de l'aire toulonnaise, porté par une demande qui dépasse toutes les attentes.
Un été record et un produit phare dans les boutiques
Cet été 2026 est marqué par un mois de juillet qui a été le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900, selon le bilan climatique de Météo France publié en août. Dans le Var, la succession quasi ininterrompue d'alertes jaunes et oranges canicule a poussé les habitants à chercher des solutions simples et efficaces pour se rafraîchir.
« C'est mon produit phare. Aujourd'hui, avec la canicule, qui n'a pas d'éventail dans son sac ? », affirme dans un sourire Mélanie, gérante de Vivre à Toulon. Elle a lancé une collection d'éventails en six couleurs dès l'ouverture de sa boutique au printemps dernier. Même constat pour les commerçants de la très fréquentée rue Lamalgue au Mourillon : « L'éventail fait partie des trois produits que je vends le plus », déclare Annabelle de la Boutique 12. Le magasin expose plus de soixante modèles différents, parmi lesquels les best-sellers à expressions comme « Putain de bouffée de chaleur ».
Une demande qui surprend et une mixité inattendue
L'éventail devient un indispensable contre la canicule, jusqu'à être parfois victime de son succès. Chez Maï B. Atypique Concept, autre boutique de la rue commerçante toulonnaise, la gérante constate : « En mai, on a commandé les mêmes quantités que les autres années, et là il nous en reste deux », face à son portant quasiment vide.
Si les ventes explosent, c'est que tout le monde cherche à se rafraîchir. « Avant, c'était vu comme l'accessoire de la femme de 50 ans qui a des bouffées de chaleur, maintenant tous les jeunes en ont », observe Annabelle. Mélanie, de son côté, avoue avoir été surprise de la mixité du produit : « Dans ma clientèle, c'est 60 % de femmes et 40 % d'hommes. Ils vont choisir plutôt du bleu ou du noir. Ils n'ont pas de vergogne à en acheter pour eux aussi parce que c'est efficace ! », s'exclame-t-elle.
Des goodies aux créations artisanales
Il y a des éventails pour tous les goûts et usages. D'un côté, les goodies, souvent en papier et plus fragiles, sont vendus à prix abordables dans diverses boutiques et offices de tourisme, comme à La Londe. « On travaille autant pour le public, que le privé, que le particulier. C'est simple à imprimer, avec un faible coût unitaire. Le type de matériau, la gravure sur le manche, on s'adapte à la demande du client », explique Arthur Martinez, commercial de l'imprimerie publicitaire Dullac, située à La Seyne et La Garde, référence dans le secteur.
Cet ancien objet, tombé en désuétude, connaît également un vif regain chez les petits créateurs et devient un véritable objet d'artisanat. « Cet été, mon activité a très bien marché, notamment grâce aux éventails. Ma spécialité sont les éventails très colorés avec étui assorti, car c'est un accessoire fragile », explique Estelle Daniel, couturière à La Garde, qui a lancé il y a un an sa marque Dans la maison du Sud. Pour elle, le gadget devient un accessoire « qui perdure dans le temps » et qui « habille ».
Si l'éventail est l'accessoire de cet été 2026, la tendance n'est pas nouvelle. Entrée dans les usages estivaux ces dernières années, elle devrait se poursuivre au rythme des fortes chaleurs provoquées par le changement climatique.



