Unoc-3 à Nice : les commerçants du port enfin indemnisés par l'État
Unoc-3 à Nice : l'État va indemniser les commerçants du port

Un an après la conférence des Nations unies sur l'Océan (Unoc-3) de Nice, les commerçants et restaurateurs du quartier du Port, lésés par les restrictions de circulation imposées du 8 au 13 juin 2025, vont enfin être dédommagés. La préfecture des Alpes-Maritimes a annoncé, ce vendredi 31 juillet 2026, le versement de 2,5 millions d'euros aux 63 professionnels reconnus sinistrés, selon un communiqué transmis à la presse. Cette décision met un terme à plus d'un an d'attente pour des entreprises qui disent avoir perdu jusqu'à 70 % de leur chiffre d'affaires sur la période.

« La mairie nous avait promis qu'on pourrait servir les congressistes »

Sur les quais, la colère n'est pas retombée. « La mairie nous avait promis qu'on pourrait servir les congressistes. Elle nous a menti puisque nous n'avons pas pu les accueillir – ni eux, ni d'autres clients – car le périmètre de sécurité fermait tout accès. En plein début de saison, évidemment. On nous promet maintenant une indemnisation, sans nous donner de date. Comprenez que nous soyons énervés », résume un restaurateur du quai Lunel, qui souhaite garder l'anonymat.

Même son de cloche du côté de GiGi Tavola, sur le quai des Deux-Emmanuels. « Quand je compare 2024 à 2025, je compte une perte de 70 % du chiffre d'affaires sur les dix jours qui englobent l'Unoc », analyse le directeur Laurent Attard. « Nous ne sommes pas les plus à plaindre car nous faisons partie d'un grand groupe. Nous avons surtout fait l'impasse sur des investissements », ajoute-t-il.

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« Nous avons tiré la langue pendant plus d'un an »

Fabien Gerot, patron du restaurant Chez les Garçons, rue Catherine-Ségurane, résume l'état d'esprit général : « Nous avons tiré la langue pendant plus d'un an. Les banques nous ont soutenus mais non sans frais. Il a aussi fallu rassurer nos fournisseurs et le propriétaire des murs. » Il croit savoir que les indemnités seront versées la semaine prochaine, mais prévient : « Ce ne sera pas à la hauteur des pertes car, pour ce sommet, nous avions embauché du personnel, acheté de la marchandise… à perte. Et les calculs ne prennent pas tout cela en compte. »

Hervé Martinez, président de l'association Port Avenir qui fédère les professionnels du quartier, confirme la détresse des trésoreries. « Les indemnités devaient tomber en début d'année. Comme ça n'a pas été le cas, beaucoup ont tiré la sonnette d'alarme », assure-t-il. Selon lui, le quartier souffre d'un manque d'attractivité chronique. « Nous avons du mal à faire venir les touristes parce que ça manque d'événements. Nous attendons avec impatience le retour des vide-greniers, que l'ancienne municipalité a interdit. Nous regroupions pourtant jusqu'à 300 exposants. Je ne compte pas un mois sans qu'on vienne me demander d'en refaire. J'aimerais également que le nouveau maire fasse renaître la Fête du Port », glisse-t-il, en lançant un appel du pied à la nouvelle équipe municipale.

Neuf établissements du palais Sarde également concernés

La préfecture compte parmi les commerces impactés neuf établissements situés dans le périmètre du palais Sarde, rue de la Préfecture. Sur place, aucune des personnes interrogées n'était au courant des possibilités d'indemnisation, mais toutes confirment avoir très peu travaillé durant la conférence. « Ce n'était pas interdit de venir, mais il était difficile de passer les barrages de police », se souvient une serveuse. « Les véhicules de toutes les forces de l'ordre imaginables étaient garés sur la place du palais de Justice. Ce n'était pas très accueillant », complète le patron du San Nicolao.

Le cas le plus lourd est peut-être celui de Nice Yacht Marine, concessionnaire de bateaux et shipchandler basé au bout du quai des Deux-Emmanuels. Son gérant, Jean-Louis Ghiringhelli, explique avoir dû fermer pendant trois mois. « Tout était à l'arrêt. L'aire de carénage était immobilisée et les bateaux ne pouvaient ni sortir, ni entrer. La perte a été colossale pour nous », indique-t-il. Son entreprise figure parmi les 21 établissements d'activités portuaires ou nautiques à être indemnisés.

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2,5 millions d'euros pour 63 professionnels

Au total, ce sont donc 63 professionnels qui vont recevoir une part de l'enveloppe de 2,5 millions d'euros annoncée par la préfecture des Alpes-Maritimes. Les versements doivent intervenir « dès les prochains jours », sans qu'une date précise n'ait été communiquée. Pour beaucoup, cette somme arrive tard, mais elle permettra au moins de solder les frais bancaires et les avances de trésorerie accumulés depuis l'été 2025. Reste que la confiance, elle, ne se décrète pas.