Tensions à Fréjus : débat houleux sur la dette et le compte financier
Tensions à Fréjus : débat houleux sur la dette et le compte financier

Lors du dernier conseil municipal de Fréjus, l'approbation du compte financier de la commune a donné lieu à un débat électrique. L'opposition dénonce une capacité de désendettement jugée « critique », tandis que la majorité municipale défend un budget maîtrisé et le maintien d'importants investissements pour le quotidien des Fréjusiens.

Malgré la fraîcheur apportée par la climatisation de la salle Riculphe, l'ambiance était ardente hier soir pour ce conseil municipal estival. Sans grande originalité, c'est la gestion financière, en l'occurrence l'approbation du compte financier de la Ville, qui a mis le feu aux poudres. Deux analyses radicalement opposées se sont affrontées entre élus de la majorité et de la minorité.

Les chiffres clés du compte financier

Gilles Longo, premier adjoint au maire délégué aux finances, a présenté le rapport de présentation. Voici les éléments à retenir :

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  • Une baisse de 3,38 % (-1 million d'euros) des charges à caractère général, nécessaires au fonctionnement de la collectivité.
  • Une fiscalité locale ayant permis d'encaisser 68,4 millions des 87,8 millions d'euros de dépenses de fonctionnement.
  • Des dépenses réelles d'investissements qui se sont élevées à 40 millions d'euros.
  • Une épargne nette négative de -9,3 millions d'euros.
  • De nouveaux emprunts s'élevant à 14 millions d'euros tandis que 17 millions d'euros d'emprunts précédents ont été remboursés.
  • Une dette globale qui s'élève à 149,6 millions d'euros.

L'opposition dénonce des dépenses inutiles et une dette alarmante

Jérôme Fotia, élu minoritaire du groupe Bonnemain, a été le premier à s'ériger contre le bilan comptable. Il a déclaré : « Les recettes sont en légère baisse de 0,9 %. Celle-ci n'est pas due à la fiscalité locale mais à plusieurs postes comme les redevances d'occupation du domaine public, en baisse de 10 % pour une perte de 142.000 euros. Il s'agit pour l'essentiel des défauts de paiements de vos amis de la Brothers Company, organisateurs du festival Summer Vibes et de ceux du Zamna et Madame Loyal qui n'ont pas payé les fournisseurs, dont Fréjus. Heureusement ceci est compensé par l'augmentation de la DGF, merci l'État. »

Fotia a également tancé « les augmentations des dépenses de fonctionnement dont certaines ont été inutiles comme la location d'un terrain finalement abandonné », « le taux d'exécution des recettes de 68 % seulement avec des cessions d'actifs et des subventions qui n'ont pas suivi » et la dette avec « une épargne nette très négative qui montre que la commune ne finance plus son désendettement par ses ressources propres mais par de nouveaux emprunts ».

Christine Romano a abondé dans le sens de cette dernière remarque, soulignant que « l'emprunt a représenté la moitié des recettes d'investissement » et que « la capacité de désendettement s'est dégradée pour atteindre 19,4 années lorsque le seuil de 15 ans est jugé critique ».

La majorité défend un budget maîtrisé et des investissements

Gilles Longo a balayé ces critiques. Il a soutenu : « Les baisses de recettes de fonctionnement ne sont pas dues aux festivals mais à un problème de bases qui est général. Elles ont baissé en 2025, il y a un problème sur lequel le Trésor public travaille afin d'y remédier mais nous nous retrouvons avec 800.000 euros de moins que prévu. »

Sur les investissements, il a précisé : « Le manque sur les 41 millions d'euros de recettes prévus a été revu à la baisse à la suite de décalages de cessions immobilières qui ont depuis eu lieu. » Quant à la dette, il a affirmé : « Moi, ce que je vois, c'est qu'elle a baissé de 3 millions d'euros en un an. Quant aux experts des ratios de désendettement, je rappelle qu'en 2014 celui-ci était de 60 ans. Nous l'avons progressivement réduit jusqu'à 19,4 ans depuis et vous pourrez être rassurés à la fin de l'année puisqu'il passera à 7,2 années. »

L'édile délégué aux finances s'est fait plus piquant : « Une chose dont aucun d'entre vous n'a parlé, c'est ce qu'il faudrait enlever pour faire des économies. Il aurait fallu enlever les berceaux dans les crèches ? Arrêter de payer les assurances ? De nettoyer les locaux ? Dites-nous ! »

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Le maire David Rachline, bien que n'ayant pas participé au débat comme la loi l'y oblige, a tenu à souligner : « Nous avons investi 4 millions d'euros dans l'entretien des écoles et bâtiments communaux, 5 millions pour la voirie, 2 millions pour l'éclairage public, 3 millions pour la cantine scolaire et presque un million pour le CCAS qui aide les personnes dans le besoin. Dans le même temps nous avons réduit la dette, donc bien sûr que le budget municipal est maîtrisé et bien sûr que nous avons continué à améliorer la qualité de vie à Fréjus ! »