Le Mécanisme européen de stabilité (MES) a publié un rapport alarmant sur les perspectives économiques de la zone euro. Selon ce document, la combinaison d'une dette publique élevée, d'une inflation persistante et d'une possible récession pourrait plonger plusieurs pays dans une crise grave. Le MES appelle à des réformes structurelles immédiates pour éviter le pire.
Un endettement record
La dette publique dans la zone euro a atteint 95 % du PIB en moyenne, avec des pics à plus de 150 % pour certains États membres comme la Grèce ou l'Italie. Le MES estime que sans consolidation budgétaire, ce ratio pourrait dépasser 100 % d'ici 2025. « La soutenabilité de la dette est une préoccupation majeure », a déclaré Pierre Gramegna, directeur général du MES.
Inflation et récession : un cocktail dangereux
L'inflation, bien qu'en baisse par rapport aux sommets de 2022, reste à 5,5 % dans la zone euro, bien au-dessus de l'objectif de 2 % de la BCE. Parallèlement, la croissance économique stagne, avec un risque de récession technique au second semestre 2024. Le MES prévoit une croissance de seulement 0,8 % pour l'ensemble de l'année. « La politique monétaire restrictive nécessaire pour juguler l'inflation pèse sur l'activité », explique le rapport.
Des vulnérabilités nationales
Certains pays sont particulièrement exposés. L'Italie, avec une dette à 144 % du PIB et une croissance faible, est en première ligne. La France, avec un déficit public de 5,1 % en 2023, doit aussi réduire ses dépenses. Le MES insiste sur la nécessité de réformes structurelles, notamment sur les marchés du travail et des produits, pour stimuler la productivité.
Le rôle du MES
Créé en 2012 pour venir en aide aux pays en difficulté, le MES dispose d'une capacité de prêt de 500 milliards d'euros. Toutefois, son rapport souligne que les filets de sécurité existants pourraient être insuffisants face à une crise systémique. « Nous devons renforcer notre boîte à outils », a averti Gramegna. Le MES travaille sur de nouveaux instruments, comme des lignes de crédit préventives.
Appel à l'action
Le rapport conclut que les gouvernements doivent agir rapidement pour réduire les déficits et mettre en œuvre des réformes. « L'inaction politique serait la pire des réponses », prévient le MES. Les prochaines élections européennes de juin 2024 pourraient être un tournant pour la discipline budgétaire.



