Le parti du Premier ministre indien Narendra Modi est secoué par un scandale de grande ampleur : des dons destinés à la construction du temple de Ram, à Ayodhya, auraient été détournés à hauteur de 50 millions d'euros. L'affaire, révélée par des documents internes et des témoignages, met en cause plusieurs responsables du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP), dont des figures proches du pouvoir.
Des dons massifs pour un temple controversé
Le temple de Ram, dont la construction a débuté en 2020 sur le site d'une mosquée détruite en 1992, a suscité des collectes de fonds à travers tout le pays. Le BJP, qui a fait de ce projet un symbole de son identité politique, a encouragé les fidèles à contribuer. Selon des enquêteurs indépendants, près de 100 millions d'euros ont été collectés, mais seule la moitié aurait été utilisée pour les travaux. Le reste aurait été détourné via des comptes offshore et des sociétés écrans.
Des accusations qui éclaboussent le gouvernement
L'opposition, menée par le Congrès national indien, a immédiatement réclamé une enquête parlementaire. "Ce scandale révèle la corruption endémique au sein du BJP et de son gouvernement", a déclaré Rahul Gandhi, figure de l'opposition. "L'argent des pèlerins a été volé pour enrichir des proches du pouvoir." Plusieurs ministres ont nié toute implication, mais des documents montrent que des membres de leur famille ont bénéficié de transferts suspects.
Un impact politique immédiat
Le scandale intervient à un moment délicat pour Narendra Modi, à moins d'un an des élections générales. Sa popularité, jusqu'ici solide, pourrait être entamée. Selon un sondage réalisé par l'institut Lokniti, 62 % des Indiens estiment que le gouvernement doit répondre de ces accusations. "C'est un coup dur pour l'image de probité que Modi a cultivée", analyse l'analyste politique Neera Chandhoke. "Le BJP risque de perdre des voix dans les zones rurales où les dons avaient été collectés."
Des enquêtes en cours
La Cour suprême indienne a ordonné une enquête de la Central Bureau of Investigation (CBI), qui a déjà perquisitionné plusieurs bureaux du BJP. Par ailleurs, le fisc indien enquête sur des flux financiers suspects vers Dubaï et Singapour. "Nous suivons la piste de l'argent", a déclaré un responsable de la CBI sous couvert d'anonymat. "Des arrestations sont possibles dans les semaines à venir."
Des conséquences pour le temple
Le chantier du temple, qui devait s'achever en 2025, est désormais menacé par un manque de fonds. Les architectes ont annoncé un retard d'au moins un an. "Nous avons besoin de 30 millions d'euros supplémentaires pour terminer les travaux", a indiqué le porte-parole du trust du temple. "Les dons ont chuté de 70 % depuis le scandale."



