La polémique est née sur les réseaux sociaux après la diffusion par Brut d’une vidéo consacrée à la pénurie d’eau potable en Vendée. Plusieurs internautes ont accusé le média d’avoir inclus l’image d’un enfant portant un bandeau vert à l’effigie du Hamas. L’enquête menée par Checknews démontre qu’il s’agit d’une manipulation visuelle.
Une image sortie de son contexte
La séquence incriminée montre un enfant debout devant une maison, le visage partiellement masqué par un bandeau. Sur les réseaux sociaux, des comptes ont affirmé que ce bandeau était celui du Hamas, mouvement islamiste palestinien. Brut a immédiatement réagi en publiant un démenti, expliquant que l’image avait été extraite d’un reportage plus large et que le bandeau était en réalité un simple foulard de couleur verte, sans aucun logo politique.
Checknews a visionné l’intégralité de la vidéo originale, d’une durée de 3 minutes 42 secondes. On y voit l’enfant apparaître brièvement, pendant 2 secondes, alors qu’il joue dans son jardin. Le bandeau, effectivement vert, ne porte aucun signe distinctif. Selon les journalistes de Checknews, la confusion provient d’un arrêt sur image flou et d’un grossissement qui a créé une illusion d’optique.
Une polémique instrumentalisée
Cette controverse survient dans un contexte de tensions autour du conflit israélo-palestinien. Plusieurs comptes pro-israéliens ont relayé l’accusation, tandis que des comptes pro-palestiniens y ont vu une tentative de discréditer Brut. Le média a porté plainte pour diffamation, selon une source proche du dossier. « Nous avons reçu des dizaines de messages haineux, certains menaçants », a déclaré un porte-parole de Brut à Checknews.
L’enquête de Checknews a également retrouvé la source de l’image : une séquence tournée en juin 2025 dans le village de Saint-Mars-la-Réorthe, en Vendée. Le père de l’enfant a confirmé que son fils portait un simple bandeau de couleur, acheté dans une fête foraine. « C’est absurde, mon fils a 8 ans, il ne sait même pas ce qu’est le Hamas », a-t-il déclaré.
Les conséquences de la désinformation
Cette affaire illustre les mécanismes de la désinformation en ligne. Selon une étude de l’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN), 70 % des fausses informations concernant des images de conflits sont basées sur des erreurs de contexte. Le cas de Brut montre comment un simple foulard peut être transformé en symbole politique.
Le média a depuis modifié la description de sa vidéo pour préciser que l’enfant ne porte pas de bandeau du Hamas. La vidéo a été vue plus de 500 000 fois sur YouTube et 1,2 million de fois sur X (anciennement Twitter) avant la suppression des tweets accusateurs.



