La nouvelle PDG de Sanofi, Marie-Claire Lombard, a confirmé mardi lors d'une réunion interne qu'elle maintenait les priorités stratégiques de son prédécesseur dans l'immunologie et les vaccins, mais qu'elle entendait « transformer en profondeur la méthode de travail » du groupe pharmaceutique français.
Un cap maintenu sur l'immunologie
Selon une source proche de la direction, Lombard a réaffirmé l'engagement de Sanofi envers les domaines de l'immunologie et des vaccins, qui représentent désormais plus de 60 % du chiffre d'affaires du groupe. « Nous allons continuer à investir massivement dans ces secteurs, qui sont notre cœur de métier et notre avantage concurrentiel », a-t-elle déclaré.
Cette stratégie s'inscrit dans la continuité du plan « Play to Win » lancé par son prédécesseur, Paul Hudson. Sanofi prévoit notamment de lancer trois nouveaux vaccins d'ici 2028 et de renforcer son pipeline en immunologie, avec un accent particulier sur les maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde et le lupus.
Une réforme en profondeur de la méthode
Si le cap stratégique reste inchangé, la méthode, elle, va être profondément revue. Lombard a annoncé une restructuration de la recherche et développement visant à gagner en efficacité. « Nous allons réduire le nombre de programmes en phase précoce de 30 % pour concentrer les ressources sur ceux qui ont le plus fort potentiel », a-t-elle expliqué.
Cette réforme implique également une simplification des processus internes et une plus grande autonomie accordée aux équipes deR&D. « Nous voulons raccourcir les cycles de décision et favoriser une culture de l'innovation agile », a ajouté la PDG, citée par la source proche.
Le plan prévoit aussi une réduction des effectifs dans certains services supports, avec à la clé 500 suppressions de postes sur les trois prochaines années, principalement en France. En contrepartie, Sanofi prévoit de recruter 300 chercheurs spécialisés en immunologie et en intelligence artificielle appliquée à la découverte de médicaments.
Réactions des analystes
Les analystes financiers ont globalement accueilli favorablement ces annonces. « Sanofi fait le choix de la concentration et de l'efficacité, ce qui est bien perçu par le marché », commente Jean-Pierre Durand, analyste chez Oddo BHF. « La réduction des programmes précoces est risquée à court terme mais nécessaire pour améliorer le taux de succès du pipeline. »
L'action Sanofi a gagné 2,5 % jeudi à la Bourse de Paris, signe de la confiance des investisseurs. La nouvelle PDG a également évoqué des cessions potentielles d'actifs non stratégiques, sans donner plus de détails.
Interrogé sur la politique de prix des médicaments, Lombard a reconnu que « l'environnement est de plus en plus tendu », mais a assuré que Sanofi continuerait à négocier avec les gouvernements pour un accès équitable aux traitements. « Notre objectif est de concilier innovation et accessibilité », a-t-elle affirmé.
La restructuration devrait être mise en œuvre progressivement à partir de septembre, avec un effet complet attendu pour 2027. Sanofi prévoit d'économiser 800 millions d'euros par an à partir de 2028, réinvestis dans la R&D et les partenariats externes.



