Sanctions UE : la France appuie la levée des mesures contre Ousmanov
Sanctions UE : la France appuie la levée contre Ousmanov

La France a surpris ses partenaires européens en appuyant une demande slovaque visant à retirer l'oligarque russe Alicher Ousmanov de la liste noire des sanctions de l'UE. Cette initiative a provoqué un report du renouvellement des mesures, initialement prévu pour six mois ou un an, qui n'a finalement été que d'une semaine, le temps de régler un désaccord interne.

Une villa à 50 millions d'euros et un mégayacht immobilisé

Alicher Ousmanov, dont la fortune est estimée à 14 milliards de dollars, est réputé proche de Vladimir Poutine. En 2020, il s'était offert la villa Palimur au cap Ferrat pour près de 50 millions d'euros. Deux ans plus tard, il tombait sous le coup des sanctions européennes imposées aux proches du Kremlin après l'invasion de l'Ukraine.

L'oligarque est devenu l'un des symboles de cette « guerre économique » menée par les pays membres contre Moscou. Les autorités allemandes avaient notamment immobilisé son mégayacht, le Dilbar, dont le port d'attache était en réalité le quai des milliardaires à Antibes. Le navire se trouvait alors en révision à Hambourg. Pour tenter d'en faire lever la saisie, le Russe affirmait que ce palace flottant n'était plus sa propriété directe, mais celle d'une fiducie créée pour ses héritiers. En vain, malgré les multiples recours déposés par ses avocats.

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Le cas Ousmanov retarde la prolongation des sanctions

Ce que l'oligarque n'a pas obtenu devant les tribunaux, il pourrait bien l'avoir par la voie diplomatique. Ce lundi, le conseil de l'Europe devait reconduire le paquet de sanctions imposé à la Russie et à ses ressortissants jugés proches du pouvoir moscovite. On s'attendait à un signe fort des pays membres, mais le renouvellement n'a été que d'une semaine.

Selon plusieurs indiscrétions, c'est bien le cas Ousmanov qui poserait problème. Paris a surpris les autres pays membres en appuyant la demande de levée de sanctions, avec des raisons invoquées on ne peut plus floues. La diplomatie française aurait évoqué des considérations de « sécurité nationale ».

Des Français emprisonnés en Azerbaïdjan au cœur du dossier

Le Financial Times croit savoir que le dossier porterait sur la libération de ressortissants français emprisonnés en Azerbaïdjan. Au moins deux compatriotes y sont incarcérés. Le cas le plus médiatique est celui de Martin Ryan, un homme d'affaires accusé d'espionnage. Bakou l'accuse d'avoir été recruté par des agents de la DGSE, ce que conteste la France. Sa condamnation à 10 ans de prison a été confirmée en appel il y a quelques semaines.

L'autre cas emblématique, bien que plus discret, est celui d'Anass Derraz, poursuivi pour corruption. Il aurait travaillé, aux côtés de l'ancien Monsieur sécurité de l'Élysée, Alexandre Benall, pour le compte du milliardaire russo-azerbaïdjanais Farhad Akhmedov.

La question reste en suspens : est-ce en échange de leur libération que Bakou a demandé à la France d'intercéder en faveur de la levée des sanctions contre Alicher Ousmanov ? Le rôle que cet oligarque, ancien président de la fédération internationale d'escrime, pourrait avoir dans ces négociations demeure également incertain.

La réaction de Zelensky

Ces négociations ne sont pas du goût du président ukrainien. « Ce n'est assurément pas le moment de lever les sanctions, ni d'en soustraire les oligarques russes, et encore moins le moment pour l'Europe de faire des cadeaux à la Russie », a réagi lundi soir Volodymyr Zelensky sur ses réseaux sociaux.

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