Aéronautique : les retards de production plombent les résultats d'Airbus
Retards de production : Airbus voit ses résultats chuter

Le géant aéronautique Airbus a publié ce mercredi des résultats financiers décevants pour le premier trimestre 2026, affectés par des retards de production persistants. Le chiffre d'affaires a reculé de 5% par rapport à la même période l'an dernier, à 12,3 milliards d'euros, tandis que le bénéfice net a chuté de 18%, à 890 millions d'euros.

Des chaînes d'assemblage sous tension

Les retards touchent principalement les programmes A320neo et A350. Airbus n'a livré que 127 avions au premier trimestre, contre 145 un an plus tôt. La montée en cadence des chaînes d'assemblage, notamment à Hambourg et Toulouse, se heurte à des pénuries de composants électroniques et à des difficultés d'approvisionnement en pièces détachées.

« Nous faisons face à des défis opérationnels importants, a déclaré Guillaume Faury, président exécutif d'Airbus, lors d'une conférence téléphonique. La complexité de nos supply chains et la rareté de certaines matières premières nous obligent à revoir nos plans de production à la baisse. »

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Impact sur les compagnies aériennes

Ces retards ont des répercussions directes sur les compagnies aériennes clientes, qui doivent revoir leurs plannings de flotte. Plusieurs transporteurs, dont Air France-KLM et Lufthansa, ont exprimé leur mécontentement. Certains envisagent de se tourner vers Boeing, pourtant lui-même confronté à des problèmes de qualité.

« Les délais de livraison s'allongent de six à neuf mois, ce qui perturbe nos stratégies de développement de réseau », a déploré un porte-parole d'une compagnie européenne.

Objectifs 2026 maintenus mais prudents

Malgré ces difficultés, Airbus maintient ses objectifs annuels, tablant sur 720 livraisons pour l'ensemble de 2026. Cependant, la direction reconnaît que ce chiffre pourrait être difficile à atteindre si les problèmes d'approvisionnement persistent. Le groupe prévoit de recruter 2 000 personnes supplémentaires dans ses usines pour tenter d'accélérer les cadences.

Les investisseurs ont sanctionné l'action Airbus, qui perdait 3,5% en Bourse de Paris à la mi-journée. Les analystes estiment que le groupe pourrait être contraint de réduire ses prévisions si la situation ne s'améliore pas d'ici l'été.

Un secteur sous pression

Le secteur aéronautique dans son ensemble souffre de tensions sur les chaînes d'approvisionnement, héritées de la pandémie de Covid-19 et aggravées par la guerre en Ukraine. Les motoristes, comme Safran et Rolls-Royce, peinent également à suivre le rythme. La reprise du trafic aérien mondial, qui dépasse désormais les niveaux de 2019, exerce une pression supplémentaire sur les constructeurs.

Airbus espère que les mesures prises permettront de redresser la barre au second semestre. Mais pour l'heure, les retards de production pèsent lourdement sur ses comptes et sur sa crédibilité auprès des clients.

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