Reform UK veut exclure les Européens des logements sociaux et taxer leur travail
Reform UK cible les Européens : exclusion sociale et taxe

Le parti Reform UK ne se limite pas à cibler l'immigration extra-européenne. Robert Jenrick, l'un de ses porte-paroles, a détaillé un plan qui viserait aussi bien les étrangers extra-européens que les ressortissants de l'Union européenne résidant au Royaume-Uni, selon The Guardian. Deux mesures phares sont prévues : l'exclusion des logements sociaux et une « taxe sur leur travail », qui obligerait les employeurs à verser des cotisations sociales plus élevées que pour un citoyen britannique, ainsi qu'une cotisation annuelle pour les personnes à bas revenus.

Le statut des résidents de longue date, qu'ils aient un conjoint britannique ou des enfants britanniques, ne serait pas pris en compte. « Si vous vous trouvez dans ce pays, que vous n'êtes pas citoyen britannique et que vous faites partie des personnes qui ne pourront pas rester au Royaume-Uni sous un gouvernement Reform UK, alors vous devriez envisager de quitter le pays », a déclaré Jenrick.

Des mesures en contradiction avec les promesses du Brexit

Ces annonces contredisent les garanties données par Nigel Farage lors du référendum sur le Brexit. Farage avait alors jugé « pas très raisonnable » de pousser des habitants dehors. La mise en œuvre de ces mesures impliquerait une renégociation du Brexit, avec le risque que les pays de l'UE prennent des mesures de réciprocité envers les citoyens britanniques vivant chez eux ou instaurent des droits de douane de rétorsion.

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Daniel Sohege, membre du groupe « the3million » qui défend les droits des ressortissants de l'UE au Royaume-Uni, a exprimé son indignation : « Depuis une dizaine d'années, les citoyens de l'UE sont en proie à l'incertitude et à la crainte quant à leur avenir au Royaume-Uni. On nous avait assuré, avant le référendum sur le Brexit, que nos droits seraient respectés. On nous avait assuré, lors de la signature de l'accord de retrait, que nos droits seraient protégés. (...) Aujourd'hui, on nous dit que d'ici quelques années, un éventuel gouvernement Reform UK pourrait supprimer purement et simplement nos droits. »

Réactions politiques et économiques

Le député Al Pinkerton, porte-parole des libéraux-démocrates pour l'Europe, a également critiqué ces propositions : « Menacer des centaines de milliers de personnes qui ont construit leur vie ici ne ferait que plonger notre économie dans le chaos, sans pour autant rétablir l'ordre et l'équité dans notre système d'immigration. Recourir à ces politiques cruelles, à la manière de Donald Trump, ne fera qu'isoler davantage le Royaume-Uni et entraînera des représailles préjudiciables de la part de nos partenaires commerciaux les plus proches. »

Reform UK, figure de proue du Brexit, voit pourtant sa popularité grimper dans les sondages. Le parti est crédité de 28 % des intentions de vote, loin devant les travaillistes, et pourrait mettre fin au bipartisme qui domine la vie politique britannique depuis des décennies. Les conséquences économiques du Brexit sont pourtant lourdes : une baisse du PIB de 4 à 6 % et un manque à gagner budgétaire de 65 à 90 milliards de livres sterling par an. Les prochaines élections législatives se tiendront au plus tard en août 2029.

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